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ven. 02 mai 2008

Réflexions à propos du "droit à l'image"...

Bernard m'adresse ce soir un mail qui intéressera pas mal de photographes... J'imagine qu'il y aura quelques réactions, commentaires et réflexions. Personnellement la question juridique me dépasse un peu, mais je me sens concerné comme la plupart d'entre nous (on a tous eu droit à quelques réflexions en faisant des images)... Alors ?

" En tant que photographe amateur passionné par son loisir, je ne me contente pas de faire des clichés chez moi. La rue est aussi le théatre vivant qui sied à mes penchants naturels de reporter.

Difficile de photographier l'espace urbain, sans y inclure les gens, car les gens c'est la vie...

Img_3705edit_web_1000px Par ailleurs, de la même manière qu'on admet que le pianiste ne joue pas qu'en concert, et qu'il s'entraîne aussi en "faisant des gammes", on peut comprendre que le photographe amateur ou professionnel n'agit pas dans le seul but de publier, d'exposer ou d'exécuter une commande ou une demande, et qu'il lui arrive d'utiliser la rue pour faire ses gammes à lui ( techniques ) : exemple , profiter d'une lumière contrastée pour tester les performances de son matériel, se familiariser avec, ou optimiser ses réglages, l'élément humain étant fortuit dans ce cas.

Or, j'ai l'impression d'une montée générale d'intolérance des gens vis à vis de ce qu'ils n'arrivent pas à s'expliquer d'une façon claire et instantanée, comme une présomption de culpabilité qu'ils sont prêts à infliger ( alors que la présomption d'innocence est la pierre angulaire du droit français depuis la Révolution Française comme le dit Robert Badinter himself ).

A plusieurs reprises depuis quelques années, j'ai eu quelques contacts rugueux, à la limite parfois de l'altercation, à la ville comme à la campagne, avec des gens que cela inquiétait visiblement de me voir tourner dans leur secteur avec mon matériel photo entre les mains.

Tous sans exception m'ont demandé d'une façon véhémente "ce que je photographiais et pourquoi " ( !? ). Pour le coup, j'eus été en droit de penser moi même qu'on essayât d'entraver ma propre liberté individuelle !

Certains d'entre eux, croyant ( à tort ) que je les avais fixés avec mon appareil, me faisaient valoir leur prétendu "droit à l'image", d'autres voyant que j'avais photographié leurs biens privés semblaient me soupçonner de faire du repérage pour préparer un quelconque mauvais coup ( dernier exemple en date , en avril dernier dans l' Yonne lorsque j'ai photographié un tas de bûches dans un champ, adossé à un cerisier en fleurs éclairé par une belle lumière oblique ).

Bien sûr, si on photographie la tour Eiffel ou le Mont Saint Michel, personne ne s'inquiètera de risquer de figurer dans l'image à son insu, certains même feront tout pour s'y trouver sans votre consentement. La banale photo touristique est considérée comme civiquement correcte par tous ceux qui ne touchent à leur matériel photo qu'en ces circonstances.

En dehors et de la photo de famille, la photographie devient suspecte. Et de la suspicion à la culpabilité, il n'y a pas loin.

Je constate que les textes juridiques sont flous et qu'ils autorisent un vaste champ d'interprétations, malgré une évolution de la jurisprudence ces dernières années. Celle ci a progressé en faveur du photographe , quand elle concerne le droit à photographier les biens privés.

Mais qu'en est il des droits à photographier les personnes ?

Les textes disent que le droit à fixer l'image comme celui à la publier sont soumis à l'autorisation explicite du sujet photographié, même pris sur la voie publique. Cependant, la pénalisation ne semble concerner que la diffusion de l'image, et non sa fixation originelle.

Dans la pratique, comment donc un plaignant peut il faire valoir son droit sur la fixation de son image ? On peut gagner un  procès si on peut prouver un préjudice, envisageable dans l'hypothèse d'une diffusion ( et dans ce cas, c'est pas gagné pour le plaignant ). Mais comment peut il démontrer le préjudice sur la seule fixation de son image ? parce qu'elle serait dégradante par exemple ? A défaut, est ce donc un délit en soi d'archiver la tronche d'un quidam sur son ordinateur personnel, qu'il ait été ou non le sujet principal de la prise de vue ? Que risque t' on vraiment sur le plan du droit pour l'avoir fait ?

Je trouve pour ma part inquiétante cette dérive sécuritaire des esprits, qui confine à l'intégrisme et à l'obscurantisme imbéciles.

Pour que chaque citoyen puisse préserver son anonymat sur la voie publique et pour que les photographes ne soient pas taxés de porter atteinte à leur image, je suggère d'imposer le port du tchador sur la voie publique, rose pour les filles, bleu pour les garçons ( c'est préférable pour draguer sans risque, pour peu qu'on ait encore le droit de le faire ). Dans l'état actuel des choses, les professionnels de l'image sont hors la loi eux aussi, et la multitude de leurs illustrations accessibles à tous, illégales de fait.

A bien y réfléchir, et inconsciemment dans la tête des gens, plus que la prise de vue elle même, c'est l'essor du multimédia qui les inquiète, et l'impression qu'ils ont qu'avec les moyens de diffusion modernes, leur image fixée à leur insu leur échappera forcément à un moment ou à un autre, vu que dans leur esprit, la seule finalité de la prise d'image, en dehors du touristiquement ou familialement correct, c'est sa diffusion publique.

Je pense aussi que les moyens modernes de flicage véritable que sont les cameras de surveillance, la traçabilité des gens par leurs appels téléphoniques, leur carte de crédit ou internet , accentuent leur phobie à l'égard de ce qu'ils considèrent comme leur déambulatoire privé dans l'espace public, à savoir leur propre image.

Quel est votre avis de professionnel de l'image sur ce point épineux ? Je n'ose pas vous demander de profiter de ce témoignage pour ouvrir un forum sur macandphoto mais c'est tout comme. Il permettrait de récolter des points de vue, mais aussi des témoignages....

Cordialement
Bernard

http://www.foncier.org/articles/111/111Juster.pdf
http://pedagogie.ac-aix-marseille.fr/tice/juridique/article.php3?id_article=1
http://www.scam.fr/Dossiers/fiches/droit_image.html

Publié par VIBERT dans 10 - ACTU : Droits d'auteur | Permalink | Commentaires (54)

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Commentaires

Bonjour

Intéressant point de vue, même si la préoccupation en la matière ne date pas d'hier.

Je ne suis pas professionnel et je veux rebondir sur la fin du texte. Je suis confronté régulièrement à des gens qui me trouvent totalement inconscient de poster des photos de moi et de ma famille sur mon pauvre blog. Quand j'essaie de creuser un peu et de faire exprimer à ces gens pourquoi eux ne prendraient jamais un tel "risque", leurs réponses évasives me confirme qu'on touche à une forme de fantasme collectif. Ils trouvent que c'est pas bien parce que...

voilà

Parce que...

Eh puis il n'est pas besoin de gratter beaucoup pour voir apparaître la peur du pervers sexuel qui épluche la toile à la recherche de proies. L'idée qui vient régulièrement est qu'ils ne veulent pas qu'on puisse "voir leurs enfants"... Je leur fait remarquer que leurs enfants en l'occurence sont "vus" en permanence par des tas d'anonymes dans la rue et qui, habitant sans doute pas loin de chez eux, sont autrement plus dangereux potentiellement qu'un vieux vicelard situé à 15000km de là.

"Oui mais c'est pas pareil".

Ah bon...

Rédigé par: vincent | 18 fév 2008 17:20:34

Il est vrai que cela devient pratiquement dangereux de prendre des photos dans la rue maintenant, que ce soit en banlieue, et ça commence ailleurs...Je fais gaffe!
Alors on pense au proverbe chinois du temps de Confucius :" la montagne appartient à celui qui la regarde ."

Rédigé par: Dom | 18 fév 2008 17:31:59

Bonjour à toutes et à tous !

En tant que professionnel, il m'arrive très souvent d'avoir à photographier les gens, que ce soit des personnes connues ou des anonymes dans la rue.

Pour faire court, il me semble que la règle numéro un, c'est la bonne humeur, afin de répondre avec le sourire et courtoisie à toute demande de renseignement sur notre problématique.

Le photographe n'est pas quelqu'un d'invisible pouvant travailler comme il l'entend, sans avoir à répondre aux interrogations légitimes des personnes photographiées.

Un photographe mal élevé et agressif, qui répondra aux questions en disant qu'il fait ce qu'il veut et qu'il a la loi avec lui, sera forcément rejeté de tous.

À bientôt.

Rédigé par: Murier | 18 fév 2008 17:40:06

Oui, c'est vrai l'intolérance est de plus en plus criante et il devient très difficile de travailler dans des conditions sereines. Personnellement, comme je n'ai pas le temps d'expliquer à tout le monde qu'il font une mauvaise interprétation de la loi (on a le droit absolu de photographier qui on veut), j'envoie bouler tout ceux qui me demande des comptes avec la formule : "de quoi je me mêle ? ce que je prend en photo ne vous regarde pas..." Si vous voyez un jour votre tête dans un magazine, faite moi un procès mais pour l'instant j'ai pas de compte à vous rendre." La plupart du temps ça calme. Parfois non. Je le reconnais. Mais j'en ai marre de devoir expliquer des textes de loi au gens qui se "la raconte" avec le droit à l'image.
Bien sûr, ma méthode de photographie des gens m'amène le plus souvent à engager avec eux une relation sympa et même des collaboration photographiques plus avancés. Je n'ai en fait jamais de probleme dès qu'un sourire est échangé, dès que le ton du sujet est sincèrement inquiet de l'utilisation que je pourrais faire de son image. Tout est dans le premier échange et la façon dont le sujet est "agressif" ou pas. Bref c'est pas simple.
S'il s'agit d'une diffusion professionnelle, de toute façon, je fais signer une autorisation de publication. Si ce n'est pas possible mes sujets son de dos ou flou. Et la plupart du temps, une discussion les informe de l'utilisation du document. Je m'arrange de toute façon pour qu'il ne puisse pas invoquer un jour qu'ils n'étaient pas au courant. Dans les faits, en 20 ans, je n'ai eu a affronter qu'une seule tentative de chantage au procès. Procès que la personne n'a pas intenté après que je lui ai fait l'inventaire de ce qui l'attendait comme procédure et coût probable pour lui. Il faut ajouter que la notion de "respect de l'image" est interprétable à l'infini. Ainsi dans les sujets que je traite le simple fait de prendre quelqu'un en photo lors d'un entretien avec un travailleur social peut nuire à son image. Mais ça, c'est le juge qui décide... s'il y a procès. Ainsi des images d'illustrations aussi banales que celle-ci sont maintenant "risquées" ce qui nous pousse à les composer avec des ... comédiens ou du moins des faux chomeurs, eremistes, handicapés... etc... c'est dommage.

Rédigé par: Alain Bachellier | 18 fév 2008 17:44:18

Long et épineux sujets que celui du droit à l'image.. Oui et Non.

Dire que le droit à l'image existe en France comme on pourrait nous le faire croire et une chose. Dire qu'il n'existe pas vraiment en est une autre.

Le droit Français inclus quelques ligne concernant le "droit à l'image". Il est, comme tout texte de lois très incompréhensible sur le fond. On n'en retiendra cependant que quelques lignes fondamentales qui sont :

1- le respect de l'intégrité de chacun. Dur, autrement qu'avec une carte de presse de photographier M.X en train de fracasser sa femme sur la voie publique sans que l'un, l'autre ou les deux vous attaque pour captation et/ou diffusion abusive de leur vie privé, même si la scène se déroule sur la voie publique.
Bref, il faut toujours respecter l'intégrité de son sujet.

2- Le droit qu'a toutes personnes en matière de diffusion de son image. Nous n'avons, nous photographe, aucun Euros à reverser à X ou Y parce que leur trombine va être utiliser dans la presse, expos, ... Toujours sur le même principe de respect de l'intégrité de chacun.

Cependant ce Monsieur X ou Y peut vous demander retirer la photographie si il n'est pas d'accord sur le fond du sujet de la publication ou de l'expo ou de ...
Il peut le faire aimablement, avec courtoisie (ca aide), ou le faire par voie de justice. La plupart du temps, le juge prends les textes initiaux, et en fonction de l'usage de la photographie, décide si il y a irrégularité quant à l'intégrité du demandeur.
9 fois sur 10 le gars perd son procès. bah oui, nous ne sommes pas des paparazis non plus...

Dans tous les cas, il ne faut jamais rien payer à qui que se soit, sous prétexte d'un certain droit à l'image... au pire ou au mieux, vous allez voir la personne et vous l'informez que vous venez de la prendre en photo pour tels ou tels travaux.
Si le sujet est mineur, il est amplement préférable de prendre contact avec les parents ou le tuteur légal. Parce que là, photographier un enfant, sans le consentement des parents à notre époque, c'est se coller une étiquette de pervers, et la le juge est moins coulant avec le respect de l'intégrité d'autrui.

Toujours avoir sur soi quelques autorisations parentales définissant clairement les conditions de shoots et d'utilisation de ces derniers.

C'est con, mais pour animaux domestiques, c'est la même chose, il ne faut pas que les agilement de Médor nuisent à l'intégrité de son Maître, genre la bouse toute fraîche qui fait tâche dans le bac à sable, ou vis versa, le Maître qui porte atteinte à son chien en lui collant une rouste du diable pour avoir fait une tâche odorante dans le bac à sable.

Aujourd'hui, en France, la justice use de jurisprudence pour régler ses affaires de droits et de respect de l'intégrité.

Il y a des affaires qui ont fait couler de l'encre : Ce couple bien paisible qui se ballade dans la rue, et qui quelques semaines plus tard se retrouve placardé sur tous les murs de France avec pour auréole "F.O.". Logique que le couple ne se retrouve pas forcement dans les propos tenu par ce syndicat, vu que l'on ne leur a pas demandé leur avis, bah procès, et gros sous à la clé. Pour l'histoire de Médor, c'est une histoire vraie, le maître a perdu son procès...

Si un jour, on vient vous seriner avec les droits a l'image vous savez quoi répondre. Monsieur, Madame tant que mes travaux ne porte pas atteinte a votre intégrité je shoot, le tout emballé dans un paquet de courtoisie.

Rédigé par: Aymeric Le GOEDREC | 18 fév 2008 17:59:10

Merci pour le dernier post j'avais peur que ça dérape
voici mon commentaire
arretez la parano?
il y a l'art et la manière pour aborder un sujet,on ne fait pas n'importe quoi sur le terrain pour obtenir une image
suis pro depuis plus de 15 ans je travaile dans la rue à la campagne,chez les gens…
Les problèmes que j'ai pu rencontrer se compte sur les doigts d'une main.
Si vous aimez et respectez les gens il n'y a pas de problème.
en cas de surchauffe une dose d'humour permet souvent de sortir du merdier dans lesquel on s'est foutus

Montrez que vous n'êtes pas un paparazzi,présentez vous,expliquez votre démarche et là, toutes les portes s'ouvrent.

faite signer des autorisation de prise de vue,et proposez d'offrir éventuellement une petite photo que vous envoyez par le net et la vie est belle

Voilà mon expérience
Sur un doigt quand même je compte un coup de fusil au dessus de la tête j'ai pu porter plainte,affaire classée sans suite…

Rédigé par: Phil | 18 fév 2008 18:10:58

Et oui, le photographe est trop souvent perçut comme être qui a sombré dans le nombrilisme, planqué derrière son Boîtier et qui se fout des sujets qu'il shoot...

Non !!!!, Nous sommes et nous nous devons d'être avenant, ouvert, communicatif, ...
Un sourire, une explication simple et claire sur ce que l'on fait là, une petite bavette et hop l'affaire est dans le sac...

Une coup de fusil au dessus de la tête en 15 ans... Je n'aurais jamais assez de doigts pour dénombrer les rafales de kalashnikov qui me sont passées sous le nez. Et même avec le sourire, là... pas certain que cela aurait arranger les choses... ;-)

Pour revenir au sujet, les juges connaissent très bien leurs affaires en matière de droit et ce, sans rentrer dans une étude approfondie du cliché, ils apprécient et basent leurs délibérés sur l'aspect flagrant en cas de non respect des règles.

Shootez dans le respect et vivez pleinement votre statut de photographe amateur ou pro...

Rédigé par: Aymeric Le GOEDREC | 18 fév 2008 18:30:33

Oui, bien sûr l'essentiel a été dit. Mais dans le droit à l'image des personnes, vous oubliez un fait primordial : il faut, pour pouvoir réclamer qqchose, que la personne puissent prouver que la photo incriminée PORTE ATTEINTE à L'INTEGRITE et la REPUTATION de la dite personne. Et ça, mis à part quelques exemples comme le couple et FO, he ben si on en croit la jurisprudence récente, c'est plus si facile que ça à prouver... Faut pouvoir prouver que la photo vous porte un préjudice... idem pour les biens (cf la Borie).
Effectivement, un couple illégitime dans la rue en couverture d'un magazine de société et de news bien connu, ça fait désordre et ça fini au tribunal deux fois, une fois pour le photographe, une fois pour le couple en divorce ensuite....

Effectivement, même pour les animaux domestiques, il faut l'autorisation, mais dans la rue, on peut alparguer tous les passants et leur demander leur email pour envoyer un JPEG...

Dur dur. Les juges se sont tout de même calmés ces derniers temps et la jurisprudence devient un peu moins débile.
ça progresse donc, mais restons vigilants, c'est sûr.
Rappelons que PERSONNE , PERSONNE n'est à l'abri d'un procès de "droit à l'image"...


Rédigé par: Christophe | 18 fév 2008 18:36:48

Oui, il est vrai que depuis peu, il faut prouver le préjudice subis... j'avais oublié cette élément primordiale.

Vrai que les juges, comme Christophe nous le dit et comme je l'ai expliqué plus hauts usent de jurisprudences de plus en plus précises et de moins en moins chiantes pour les photographes.

Dire que nous ne sommes pas à l'abri d'un procès n'est pas faut, mais il y a pas foule de photographes sur les bancs des tribunaux, toujours moins que de couple en procédure de divorce.

Cela étant dis les grosses affaires de droits à l'image se compte sur les doigts d'une main, dans la mesure ou je ne fais pas allusion au procès issus des shoots paparazi.

Rédigé par: Aymeric Le GOEDREC | 18 fév 2008 18:52:36

Cela me rappel un échange via un forum dans lequel j'évoque avec des photographes ce sujet.....


"Ma toute petite expérience me pousse à dire qu'il n'y a pas vraiement de méthodes, de règles pour aborder les personnes que l'on souhaite photographier. Il faut néanmoins distinguer 2 types d'images : l'image spontanée que l'on va faire sur le vif, à l'instinct.... ce type de photo est trés difficile car la MAP, les règlages doivent se faire en qulques secondes. Trés, trés peu de photographe rentre en contact avec les modèles qu'ils ont saisis l'espace d'un instant. Ces instants de vie ne nécessitent pas d'entrer en contact avec les personnes. Sauf si vous être remarqué, il faudra vous expliquer. faites preuve d'empathie et de gentillesse. Il est possible qu'on vous demande d'effacer la photo. Les signatures nécessaires ne sont jamais prises. Rassurez vous, personne ne le fait. Les amateurs, comme les maîtres en la matière. Je dirais même que cela va à l'encontre de la démarche artistique.
Un bémol pour les scènes avec les enfants... Prenez garde !
La pratique affinera votre style, votre oeil sera aiguisé et tout ira plus vite.

Ensuite, il ya les portraits, les groupes.... Nécessairement il faudra demander l'autorisation. Soyez simples, naturels, décontractés et tout ira bien. Du grand patron au Sdf, les gens ne vont voir qu'un appareil et n'ont aucune idée du devenir de la photo, des retouches, de l'utilisation... Expliquez calmement. Surtout, surtout prenez le temps... Si ce n'est pas pour cette fois, vous pourrez rencontrer la personne un autre jour, dans 1 semaine, 1 mois. Si vos relations sont bonnes vous ferez votre photo.

Un autre point : Ne surtout pas se fondre dans la masse !!!! Vous êtes au milieu de la masse, nuance...

Vous n'êtes pas invisible, ne vous cachez pas. Votre photo sera meilleure si vous établissez un contact, une connivence avec la personne, le groupe. Vous verrez que le naturel se verra sur l'image final.
Ces rencontres de quelques minutes, de quelques heures sont mon moteur, ma motivation.

Il m'arrive d'aller vers des gens et de ne pas faire de photos, de parler des heures avant de faire une ou deux photos.

Tout repose sur la confiance et la sincérité. Vous verrez que votre interlocuteur le verra vite.

N'arrivez pas avec 15 appareils, 4 zooms, 1 bob canon, 1 veste Nikon.... Soyez simple, comme ceux que vous souhaiter photographier.

Je mets à part le reportage sur un sujet précis. Dans ce cas toutes les autorisations doivent être faites ( surtout pour les sujets difficiles), les acteurs sont au courant de votre venue. Avant de shooter, imprégnez vous de l'ambiance. cela vous aidera à être juste, et à témoigner reellement de ce que vous avez vu. Ce que vous croyez juste en arrivant peut être faux en partant. la photo est une arme. Pas de préjugés, soyez vecteur de vérité.


Enfin et pour finir ( je m'excuse c'est décousu), soyez sur de votre coup. Sachez attendre le bon moment, le bon angle. Si la photo dure 2 secondes, l'attente, la reflexion sur le cadrage peut être plus long. Soyez patient, formez votre oeil. Il faut que vous ayiez en tête le résultat final. Il faut un peu de pratique avant de se lancer. La photo de rue, n'est pas synonyme du tout de photo rapide et volée.

La timidité est un faux problème. Parfois on ose pas car on est pas sur du résultat. Prenez le temps de maitriser votre appareil avec des amis, la famille. Lisez des maîtres de la Photo de rue. Quand vous serez prêts ça se fera tout seul."

A bientôt

Jean-Stéphane

Rédigé par: cantero Jean-stéphane | 18 fév 2008 19:02:04

Cela me rappel un échange via un forum dans lequel j'évoque avec des photographes ce sujet.....


"Ma toute petite expérience me pousse à dire qu'il n'y a pas vraiement de méthodes, de règles pour aborder les personnes que l'on souhaite photographier. Il faut néanmoins distinguer 2 types d'images : l'image spontanée que l'on va faire sur le vif, à l'instinct.... ce type de photo est trés difficile car la MAP, les règlages doivent se faire en qulques secondes. Trés, trés peu de photographe rentre en contact avec les modèles qu'ils ont saisis l'espace d'un instant. Ces instants de vie ne nécessitent pas d'entrer en contact avec les personnes. Sauf si vous être remarqué, il faudra vous expliquer. faites preuve d'empathie et de gentillesse. Il est possible qu'on vous demande d'effacer la photo. Les signatures nécessaires ne sont jamais prises. Rassurez vous, personne ne le fait. Les amateurs, comme les maîtres en la matière. Je dirais même que cela va à l'encontre de la démarche artistique.
Un bémol pour les scènes avec les enfants... Prenez garde !
La pratique affinera votre style, votre oeil sera aiguisé et tout ira plus vite.

Ensuite, il ya les portraits, les groupes.... Nécessairement il faudra demander l'autorisation. Soyez simples, naturels, décontractés et tout ira bien. Du grand patron au Sdf, les gens ne vont voir qu'un appareil et n'ont aucune idée du devenir de la photo, des retouches, de l'utilisation... Expliquez calmement. Surtout, surtout prenez le temps... Si ce n'est pas pour cette fois, vous pourrez rencontrer la personne un autre jour, dans 1 semaine, 1 mois. Si vos relations sont bonnes vous ferez votre photo.

Un autre point : Ne surtout pas se fondre dans la masse !!!! Vous êtes au milieu de la masse, nuance...

Vous n'êtes pas invisible, ne vous cachez pas. Votre photo sera meilleure si vous établissez un contact, une connivence avec la personne, le groupe. Vous verrez que le naturel se verra sur l'image final.
Ces rencontres de quelques minutes, de quelques heures sont mon moteur, ma motivation.

Il m'arrive d'aller vers des gens et de ne pas faire de photos, de parler des heures avant de faire une ou deux photos.

Tout repose sur la confiance et la sincérité. Vous verrez que votre interlocuteur le verra vite.

N'arrivez pas avec 15 appareils, 4 zooms, 1 bob canon, 1 veste Nikon.... Soyez simple, comme ceux que vous souhaiter photographier.

Je mets à part le reportage sur un sujet précis. Dans ce cas toutes les autorisations doivent être faites ( surtout pour les sujets difficiles), les acteurs sont au courant de votre venue. Avant de shooter, imprégnez vous de l'ambiance. cela vous aidera à être juste, et à témoigner reellement de ce que vous avez vu. Ce que vous croyez juste en arrivant peut être faux en partant. la photo est une arme. Pas de préjugés, soyez vecteur de vérité.


Enfin et pour finir ( je m'excuse c'est décousu), soyez sur de votre coup. Sachez attendre le bon moment, le bon angle. Si la photo dure 2 secondes, l'attente, la reflexion sur le cadrage peut être plus long. Soyez patient, formez votre oeil. Il faut que vous ayiez en tête le résultat final. Il faut un peu de pratique avant de se lancer. La photo de rue, n'est pas synonyme du tout de photo rapide et volée.

La timidité est un faux problème. Parfois on ose pas car on est pas sur du résultat. Prenez le temps de maitriser votre appareil avec des amis, la famille. Lisez des maîtres de la Photo de rue. Quand vous serez prêts ça se fera tout seul."

A bientôt

Jean-Stéphane

Rédigé par: cantero Jean-stéphane | 18 fév 2008 19:02:57

Effectivement, la prudence est de mise dans ces situations, mais le mieux est quand même de passer inaperçu ou alors de cadrer sans les visages (hyper dur).
Il faut aller vite et dégager !!!!
Pour ceux qui en auront le courage, vous pouvez aller trainer sur mon myspace
http://www.myspace.com/richarddelaume

Par contre, quand JS cantero dit que la photo de rue n'est pas volée, est réfléchie, je ne suis absolument pas d'accord. Parfois ca marche , parfois, l'instinct et le hasard fonctionne bcp mieux. A chacun de trouver sa méthode, simplement.

Rédigé par: Richard | 18 fév 2008 19:24:41

@ Richard,

Je ne suis pas d'accord sur ton point vu, dire :

"le mieux est quand même de passer inaperçu ou alors de cadrer sans les visages (hyper dur). Il faut aller vite et dégager !!!!"

Je n'ai jamais, enfin presque (je vous passe les détails), eu besoin de me cacher et de dégager ou de shooter à sauvette. Il y a différentes techniques de "One-Shooting" mais aucune ne fait appelle à la prise à la sauvette. A la volée, sur le vif, mais dans la clandestinité et encore moins à l'insu des personnes visés.

Il a été dit plus haut que le mieux était encore de ne pas se cacher, là je suis d'accord. En qualité de photographe, je n'ai rien a me reprocher quand je dégaine mon boîtier... Je ne cherche pas à mettre en péril l'intégrité d'une personne et encore moins à nuire au respect d'autrui. Si il y a un furieux qui ne souhaite pas finir sur ma CF, pas de souci, Le sourire, la petite deconnade, j'explique ma présence, et à la demande, je supprime l'image devant la personne.

Il ne faut pas déconner, de la matière dans la rue il y en a, on est pas à un gars près. Non ???

Donc, pas la peine d'attirer l'attention sur soi, en revêtant une tenue de camouflage urbain tout en se postant au coin d'une rue ou dans un renfoncement de porte, c'est idiot !!! Surtout si après déclenché on se met à courir version "je fuis la mort".

Les rues de France ne ressemblent en rien à certaines rue de Bagdad (Là, je parle en connaissance de cause), faut rester Cool... et...

RESPECTER NOS SUJETS PHOTOGRAPHIQUES !!!

Sérieux, je trouve les humains plus coulant fasse à l'objectif que certaines espèces animales, Christophe, tu confirmes !!! Là aussi je pourrai en écrire des pages. L'avantages avec ces bestioles, c'est qu'elles se foutent un peu de leurs droits à l'image.

Rédigé par: Aymeric Le GOEDREC | 18 fév 2008 19:52:34

Richard,

A la simple lecture de ton message, je te confirme que je n'irai pas voir tes images. Ta démarche ne colle pas avec la mienne. Mais bon je suis amateur peu éclairé surement.

Bonne soirée.
JsC

Rédigé par: cantero Jean-stéphane | 18 fév 2008 20:17:47

il y en a qui vont croire que je n'ai que ça à faire ce soir, bah ils n'ont pas tord...

@ JsC,

Je suis d'accord, mais de là à boycotter les travaux d'un confrére pro ou amateur c'est dur quand châtiment.

Depuis le début de ce post, on parle du respect d'autrui, et je pense que cela peut commencer par ce respecter entre photographes "pro ou amateur".

D'accord, j'ai moi aussi quelques coups de gueules envers certains amateurs qui tentent de nous faire croire qu'ils vivent pleinement de leur passion (en Euros parlant), alors que le photographe pro survit de moins en moins bien ou qu'ils connaissent mieux le métier et l'ensemble de ses ficelles que nous... mais le débat n'est pas là.

A mon sens, sauf intervention d'un juriste, la réponse a été donnée à la question posée. Les méthodes de travaille de chacun peuvent être intéressantes mais là aussi c'est un débat à se mordre la queue....

Notre sage ami Gilles, qui peut-être interviendra, nous rappelle souvent que l'on fait quand même ce que l'on veut dans la mesure ou l'on arrive à nos fins. Enfin il aurait peu le dire... Gilles si tu me lis, ... Salutations ;-)

Rédigé par: Aymeric Le GOEDREC | 18 fév 2008 20:38:06

JS , que tu aille voir ou pas, le souci n'est pas là.
Maintenant, si tu allais voir, tu pourrai parler, car certaines ont été faites au nez et à la "barbe" des personnes et franchement, je préfère voler ces images plutôt que demander car je n'aurai pas eu le même résultat. Je ne vois même pas l'intérêt......et honnêtement , je ne demanderai jamais.Ce n'est pas la majorité des images mais certaines sont faîtes à l'arrache. IL y a celles aussi où je suis très visible dans la rue et personne ne vient me gonfler.
Mais tu me fais bien rire à te contrarier comme ca, je n'ai pas la même vision des choses que toi, pas les mêmes méthodes et alors ??? Pas la peine de se facher pour ca.
Par contre, elles ne me rapportent rien, à part du plaisir.......
Mais viens plutôt boire un café à tignes et on en reparle.

Rédigé par: Richard | 18 fév 2008 21:28:13

Dans mon blog, "Le Photographe Cybernomade", j'aborde ses problématiques au cour de plusieurs articles.

http://lephotographecybernomade.blogspot.com/

La législation Française est nulle et sa dérive fricocratique à travers les procès que l'on espère juteux contre les photographes en est la cause.

http://lephotographecybernomade.blogspot.com/2007/02/les-aveugles.html

L'histoire de cette législation et de ces dérives ne peut se comprendre que dans sa globalité avec les problèmes de statuts, de reconnaissance, d'idées reçus et de fantasmes. C'est la raison pour laquelle j'ai crée ce blog, pour cerner le problème de la photographie qui est un métier artistique avant toute autre chose.

Si le sujet vous passionne je vous recommande d'adopter le sens de la lecture (le premier article est à la fin du blog)...

Tout cela est extrêmement grave, et préjudiciable pour notre métier mais aussi au regard de notre histoire. Depuis 20 ans, nous n'avons plus d'histoire, plus de mémoire visuelle de notre époque. (a part les photos de Nicolas et tous ses amis)

Le Photographe Cybernomade c'est aussi des idées des propositions pour améliorer l'état de la photographie en France, et la vie des photographes. En tous cas, cela m'a fait du bien de l'écrire, c'est bon de "vider son sac"...

Il y a urgence à réagir si nous ne voulons pas devenir très rapidement Le Pays de l'Inculture.

Rédigé par: Alexandre Cometti | 18 fév 2008 22:32:41

et bien moi je lance mon nouveau site :
http://www.js-cantero.com

et vl'a un cooup de pub trés peu discret....

Ok pour Tignes Richard !!
A+ les copains

Stef

Rédigé par: cantero Jean-stéphane | 18 fév 2008 23:04:32

Salut Alexandre,

Voilà tout le sens du droit à l'image que je n'arrivais pas à mettre en lumière dans mes "post" précédents. Cette loi, bien qu'existante, d'une incompréhensibilité délirante. Elle ouvre et ferme à la fois des portes, comme beaucoup de lois française.

Elle peut-être utilisée en fonction des points de vues. Heureusement, les derniers à donner leur avis sur la question reste les juges. Comme cité ici et sur ton site, les affaires, aux vues des différentes jurisprudences qui ont fleuries ces dernières années, ont été déboutées.

Les abus ont éveillé les instances, qui, ont pris les mesures nécessaires.

Ce que je trouve dommage ce que nous sommes dans un monde d'extrèmes. En France, pays des libertés et des droits de l'Homme, nous sommes hyper limité en tout. Chez les anglo saxons, il sont hyper libéré de tout. Le résultat est que d'un coté comme de l'autre nous observons des abus.

Le vieux débat qui a fait fureur auprès de l'UPC (Ancien Membre) était justement de trouver, si possible sur un plan national voir même (on a le droit de rêver un peu) sur le plan international une harmonie des textes et des législations de l'images.

Le hic, bien loin du sujet qui nous concerne, c'est la propriété intellectuelle, qui chez nos voisins anglo-saxons est aussi vague dans les textes que notre bon vieux droit à l'image. Bref ce n'est pas demain la vieille que nous oeuvrerons dans une harmonie parfaite.

Le mieux, à ce jour, s'est d'appliquer les quelques règles sus citées. Courtoisie et respect, tout du moins avec les sombres inconnus que nous photographions dans la rue.

Mais, et Alexandre soulève le problème du droit intellectuelle, qui nous empêche de photographier un bâtiment sans se perdre dans les méandres de l'autorisation.
Si ce n'est pas le gars qui est au premier plan qui attaque pour les quelques deniers qui croit pouvoir percevoir, se sera inévitablement l'architecte ou le designer du beau mobilier urbain ou du bâtiment du troisième plan.

Maintenant, il ne faut sombrer dans cette paranoïa du procès, la justice rend des décisions qui se profilent de plus en plus en faveur des photographes.

Après de longues années de militantisme UPC ou ANJRPC pour ne voir que quelques résultats presque positifs. Je pense que la meilleure des règles et encore une fois de jouer la transparence lors d'une séance de shoot en public et de rester ouvert et courtois.

Autre point sur lequel je n'adère pas trop, c'est cette paranoïa de l'inculture. En France, il est vraie que nous ne sommes pas aidés, Mais ne serait-ce pas les hommes qui génère la culture et non les lois. Et d'ailleurs aucune loi n'empêche la réalisation d'une oeuvre, sans quoi le nu même artistique serait classé au rang de proxénétisme. Aucun juge dans ce pays ne peut empêcher ou punir un photographe pour avoir engendré une oeuvre, sauf si cette dernière porte une atteinte reconnue envers autrui. Retour case départ... !!!

Je ne vous parle pas du plan "vigi-pirate" qui m'empêche de photographier l'école de mon village de montagne (943hab, 6000 marmottes endormies)... Là aussi, je ne vois pas bien ce que des terroristes viendraient nous emmerder au fin fond de nos vallée alpines et dire que c'est le même bordel dans les gares... Les gares, ça c'est top pour le One-Shooting de trombines à la volé...

@ Richard, Un café à Tignes, quel bonne idée, ce n'est qu'à quelques piqués du Bâton de chez moi...
Et pour le sujet qui nous concerne à l'instant présent, un Café n suffirait pas.

Rédigé par: Aymeric Le GOEDREC | 18 fév 2008 23:32:30

Je savais que ce post donnerait lieu à quelques réactions intéressantes... Merci pour vos remarques !

Rédigé par: Jean-François Vibert | 19 fév 2008 00:40:06

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