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mar. 04 nov 2008

Guide des reflex Full frame (5/6), Sony Alpha 900

On continue la visite avec le Sony Alpha 900 et c'est le Canon EOS 5D mk2 qui conclura cette série d'ici quelques temps… On en tirera ensuite toutes les conclusions dans la sixième partie. Pour la rédiger, je tiendrais d’ailleurs compte de vos commentaires et de vos retours d’expérience. N’hésitez pas à contribuer au débat :



Le Sony Alpha 900 : capteur de 24 MP et 5 im/sec à partir de 2600 €

Les Minoltistes disposent enfin de leur full frame. Ouf, c’est un immense soulagement pour les adeptes de la marque qui ne seront pas obligés de "passer à l'ennemi"… Il convient de saluer la performance de Sony, car le boîtier est superbe et la résolution de 24 MP (excusez du peu) est le record actuel pour les reflex numériques… Mais les questions restent toutefois nombreuses.

Sony_alpha900_ Sony possède-t-il quelques chances de bouleverser l'ordre établi depuis quelques décennies ? Cet Alpha 900 n'aurait-il pas visé un peu haut en terme de résolution ? A qui s'adresse vraiment cet appareil étonnant ?

C'est ce que nous allons tenter de deviner, en étudiant de façons très systématiques ses forces et ses faiblesses. J'espère n'avoir rien oublié, si c'était le cas n'hésitez pas à apporter des arguments (pour ou contre) complémentaires... Je les vérifierais et les ajouterais à la liste. En tous cas le Sony Alpha 900 éveille la curiosité des photographes, puisqu'il apparait en 5em position dans le palmarès des revues d'appareils les plus lues sur DPreview.

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Les atouts du Sony Alpha 900 :

Sa cadence élevée de 5 im/sec sur 13 RAW : sans égaler les 8 im/sec du Nikon D700 (lorsqu'il est équipé d'une poignée et de batteries spéciales), Sony bat largement Canon sur ce point (à se demander si l'EOS 5D mark II n'a pas été bridé pour protéger les ventes de l'EOS 1Ds mk3)... Et 5 im/sec, ce n’est pas une mince performance avec d’énormes images de 24 megapixels. Un excellent argument à retenir en faveur de l’Alpha 900...

Son exceptionnel viseur 100 % : salué par la presse unanime, il réjouira les experts avec son grossissement de x0,74, son dégagement de 20 mm et son cadre affichant 100% de l’image (un léger avantage par rapport au viseur 98% de l’EOS 5D mk2). Par ailleurs la qualité du verre de visé Acutte Mate hérité de Minolta n’est pas une légende (on peut le changer soi-même, trois verres différents sont disponibles). Il est donc un peu idiot que Sony ait négligé d'y afficher la sensibilité ISO en permanence (la place ne manquait pas)... Elle n'apparait qu'au moment ou on la modifie (comme sur l'ancien EOS 5D)...

Sa résolution de 24 megapixels : actuellement la plus élevée de tous les reflex. Une belle performance en regard d’un prix raisonnable (qui baissera rapidement). Les acheteurs d’EOS 1Ds mark III doivent l’avoir mauvaise, bravo Sony ! Un exploit qui s’explique par la maîtrise récemment acquise par Sony de la fabrication des capteurs CMOS… À l’image de ce qu’avait entrepris Canon dès l’an 2000 : depuis toutes ces années Canon fut d'ailleurs le seul à utiliser systématiquement la technologie CMOS sur toute sa gamme, bien avant que les autres marques ne l'adoptent progressivement (et encore, seulement en haut de gamme).

Mais l’avantage de résolution de l’Alpha 900 sur le 5D mk2 est à relativiser. Car à partir de 21 MP, trois MP de plus ou de moins sont relativement négligeables, en proportion de la taille globale.

Par contre, l’Alpha et l'EOS font clairement la différence avec le Nikon D700, qui vise au créneau différent : celui de la polyvalence (avec un petit flash embarqué et un capteur de seulement 12 megapixels). On s'en rend bien compte en comparant les images issues des différents capteurs mises à l'échelle :

Surface_des_pixels_2

La qualité de construction : Sony s’est élevé au niveau des meilleurs. L’Alpha 900 plaira aux amoureux de belles mécaniques Japonaises, d’autant qu’il est résistant aux projections (sans atteindre la protection professionnelle d'un D3 ou d'un EOS 1D). Mais comme d’habitude, relativisons l’importance de la "tropicalisation", car on ne fait pas souvent des images sous la pluie battante. Cerise sur le gâteau, le déclencheur du 900 présente aussi l'avantage d'être peu bruyant...


Ajustement fin de l’AF : comme chez Canon et Nikon, il est possible d’ajuster le réglage AF (front ou back focus), objectifs par objectifs. Jusqu’à 30 optiques peuvent ainsi être réglés et stockés en mémoire par l’Alpha 900. Une nécessité avec une telle résolution, car on arrive au seuil des tolérances de précisions de la fabrication industrielle.

La stabilisation « Steadyshot » du capteur : la stabilisation embarquée dans le boîtier constitue pour certains photographes (mais pas pour tous) un avantage déterminant de ce Sony Alpha 900 qui est le seul full frame du marché à en bénéficier. Utile pour réaliser des images nocturnes avec des focales fixes et un avantage par rapport à Canon et à Nikon qui ne proposent pas de courtes focales fixes stabilisées… Même si l’utilité de la stabilisation avec de courtes focales est très relatif (rappelons la règle classique du "Un sur la Focale"), d’autant que Canon et Nikon se distinguent par une extraordinaire maîtrise du bruit en haute sensibilité, ce qui permet d’éviter les pauses trop lentes à main levée (à 3200 ISO, on peut déjà faire beaucoup de chose au 1/40 sec à main levée)...

Intelligent Preview : Il est possible en appuyant sur le testeur de profondeur de champs, de simuler une prise de vue sans déclencher. Une innovation qui permet d’afficher une capture à l’écran sans l’enregistrer, histoire de vérifier et régler exposition, histogramme, balance des blancs, cadrage… Comme quoi il est encore possible d’inventer de petites choses en photo numérique. On peut obtenir plus ou moins le même résultat en utilisant le Live View Canon et Nikon.

Une dynamique supérieure (MAJ grâce à vos commentaires) : rendez-vous sur cette page de DPreview qui nous explique que l'Alpha 900 possède une meilleur dynamique que ses compétiteurs (manque encore l'EOS 5D mk2 à venir), un point qui m'avait échappé initialement... Tout ça avec un traitement sur 12 bits, ce qui tendrait à relativiser l'argument du traitement sur 14 bits (comme je l'ai toujours fait d'ailleurs).

Traitement sur 12 bits au lieu de 14 bits : Sony en est resté au traitement 12 bits, contrairement aux deux marques leader qui ont adopté le traitement sur 14 bits (avec l’avantage d’être optionnel chez Nikon), ce qui produit théoriquement de meilleurs résultats... Mais comme je l’ai déjà expliqué (à l'occasion du Comparatif Canon EOS 40D contre Nikon D300), voilà un avantage qui restera pour moi théorique, tant que je n’aurais pas réussi a en démontrer l’intérêt sur un cas concret (c’est probablement possible)…

En attendant,  je considère (paradoxalement) le 12 bits comme un avantage pour le Sony. Pour l’unique (et dérisoire) raison que ses fichiers sont un peu moins lourds qu’ils ne le seraient en 14 bits. Imaginez qu'un RAW non compressé de l'Alpha 900, pèse plus de 35 Mo. Qu'est-ce que cela aurait été en 14 bits !

L'impact du passage d'un reflex de 12 MP, à 21 ou 24 MP n'est certainement pas négligeable sur la fluidité du workflow en post production ! Même avec un Mac Pro 8 cœurs à 2,8 Ghz, 4 Go de RAM et 3 To disques ! Beaucoup de gens ne se rendent pas compte qu'il seront amenés à booster leur équipement informatique, au fur et à mesure que leurs images s'alourdissent.

Compatibilité APS-C : Contrairement au Canon EOS 5D mk2, l’Alpha 900 accepte les optiques APS-C (DT chez Sony) moyennent un recadrage à 11 megapixels. Son activation est automatique dès qu’un objectif DT est monté et des repères dans le viseur permettent au photographe de visualiser la zone recadrée (repères un peu gênant dans le viseur le reste du temps)... Pour autant cela devrait rester du dépannage et l’intérêt de recourir à d’anciennes optiques est discutable : on investi pas autant dans un 24 megapixels pour "recycler" de vieux cailloux.

Petits détails pratiques : mentionnons tous ces petits détails pratiques (que l'on trouve aussi chez Nikon et Canon), tels que la touche C personnalisable, la touche Fn qui permet un pilotage (redondant) de tous les réglages à l'écran (façon Olympus), les positions User 1, 2 et 3 sur le sélecteur de modes pour se préparer des "environnements" de travail différents... Et les informations qui basculent en vertical sur l'écran lorsque l'on cadre verticalement (un gadget que l'on aimerait bien avoir aussi débarquer chez Canon et Nikon).

Trappe double carte : un avantage très relatif (en fait j'avais commencé à écrire ce paragraphe dans la partie handicapes). Puisque ce second emplacement n'accueille que des Sony Memory Stick (on aurait préféré du SD) et qu'aucune fonction intelligente n'est prévu pour en tirer partie ! Pas d'enregistrement en miroir, pas de débordement d'une carte sur l'autre, pas de JPEG sur une carte et de RAW sur l'autre, quel dommage... En définitive ce double emplacement ne sert quasiment à rien ! Il a certainement été imposé aux ingénieurs pour assurer la compatibilité avec la norme Memory Stick (dont les photographes n'ont que faire).

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Les désavantages du Sony Alpha 900 :

Le prix de lancement à 2800 € : en ce début novembre on trouve l'Alpha à la FNAC à 2814 € (contre 2614 € pour le Nikon D700 très bien placé)... Mais sur Internet l'Alpha 900 descend à moins de 2600 € (alors que le D700 descend à moins de 2300 €, ce qui est un prix fantastique quand on y pense)…

Rien d'excessif au vu de la fiche technique du 900, pourtant je pense que cet Alpha devrait être moins cher que ses compétiteurs. Ceci pour plusieurs raison : outre sa gamme optique encore en développement (lire plus bas), l’Alpha 900 est privé de deux options à la mode (et utiles à certains) : le live View et la vidéo...

Par ailleurs, Sony ne dispose pas encore de service pro (personne ne sait encore si c'est prévu) et l’on manque de recule sur la fiabilité de la marque, alors que l’on a toute confiance en la fiabilité des Canon et des Nikon depuis plusieurs décennies...

Une question un peu irrationnelle certes, mais qui devrait conduire Sony (nouvel arrivant sur le marché) à serrer davantage ses prix (sur les optiques également). Il est normal de « payer la marque » lorsque celle-ci à démontré sa crédibilité et son engagement sans faille années après années. Ce qui n’est pas encore le cas de Sony dans le secteur des reflex.

Le maîtrise du bruit électronique : acceptable jusqu'à 800 ISO (au vu de la taille des photosites de seulement 5,95 μm). Mais moins convaincante que chez Canon et Nikon… Ce qui ne nous semble pas surprenant, l’expérience de plusieurs années de traitement de l’image ne se rattrape pas en claquant des doigts.

Camera Labs signale « plus de bruit que les autres au-dessus de 400 ISO » et selon DPreview (ici et ) « le niveau de bruit est relativement élevé au-dessus de 400 ISO (…) et les 6400 ISO sont d’un intérêt très limité »... DPreview critique aussi la qualité des JPEG qui souffrent d’un lissage trop vigoureux (ceci explique cela).

Plus encore qu’avec d’autres marques, il convient donc de travailler en RAW lorsqu’on shoot en Sony...

Dpreview_2 D'ailleurs les graphiques de montée du bruit (notamment chromatique) montrés ici par DPreview ne sont pas très engageants. Sur l'image suivante, on constate que le vieil EOS 5D (la courbe jaune) et le Nikon D700 (le moins bruité en vert) font nettement mieux que le Sony Alpha 900 (la courbe violette) :

Les fans de l'Alpha 900 ne manqueront pas de rappeler (à raison) que sur un tirage A3, le bruit est masqué par la résolution énorme de 24 mp (c’est logique : plus la résolution augmente, plus la « taille » du bruit diminue, jusqu'à devenir quasi invisible)... Malheureusement, cet argument ne tient pas sur des tirages A2 et de plus grande taille, ou lorsque vous recadrez fortement…

Quiconque a déjà réalisé des tirages en vue d’une expo comprendra le problème : les gens regardent d’abord vos images dans leur ensemble à bonne distance. Puis ils s’approchent à 30 cm pour en explorer les détails et se « promener » dans l’image. Vous ne pouvez l’empêcher et cela fait d'ailleurs tout l’intérêt d’un tirage grand format d’exposition…

Il reste donc absolument légitime et nécessaire d’étudier le bruit en affichant l’image à 100%, comme le font D Preview, Camera Labs et la plupart des média spécialisés. Car on n’achète pas un boîtier de plus de 20 megapixels pour se contenter de tirages A3 (les reflex de 10 megapixels suffisaient largement à cela)... CQFD !

Au final, les amateurs de tirage grand formats devront refréner leurs envies de dépasser les 800 ISO ou 1600 ISO (au mieux) avec cet Alpha 900, alors que les Nikonistes et Canonistes pourront aller bien au-delà sans inquiétude... Le bruit numérique est bien le "gros problème" que Sony a beaucoup de mal à régler. C'est une question de maîtrise technologique et de savoir-faire dans un domaine extrêmement pointu ou les années d'expérience font encore la différence en faveur de Canon et Nikon... Plus pour trop longtemps espérons-le !

L’absence de vidéo : un petit gadget finalement sympathique qui sera bientôt la norme sur tous les reflex (il n’est actuellement proposé que sur le Canon EOS 5D mark II ou le Nikon D90). On aurait pourtant attendu Sony (géant de la vidéo) sur ce terrain… Quelle dommage !

L’absence de Live View : je n’en ai vraiment pas besoin personnellement, mais il faut reconnaître que certains photographes l’apprécient en studio, sur pied ou en macro… Un peu frustrant pour le Sony Alpha 900, car le studio est justement l’un de ses terrain de jeux favoris...

L’absence de tailles RAW intermédiaires : ce petit manque, qui n'est pas trop gênant sur un Nikon D700, le devient ici... Le Sony Alpha 900 produit des images de plus de 35 Mo chacune pour un RAW non compressé. On aurait apprécié que Sony s'inspire de Canon, qui propose fort intelligemment trois tailles en format RAW (de 21, 11 et 5 megapixels). Indispensable lorsque parfois la place manque sur la carte et pour tous ceux qui travaillent pour le web ou la PQR !

L’absence d'affichage permanent de la sensibilité ISO dans le viseur : un peu dommage, on l'avait d'ailleurs beaucoup reproché à Canon il y a quelques années... Jusqu'à ce que ce soit corrigé ! Autre faute de goût : la multiplication des repères inutiles (cadres pour les optiques DT), qui gâchent un peu le paysage dans ce magnifique viseur...

L’absence d’accessoire WIFI : un oubli un peu surprenant de la part du géant de l'électronique ! Cela ne gênera que les professionnels évidemment, mais cela ne fait pas très sérieux en 2008.

Durée de vie de l’obturateur : celui du D700 n’est garanti pour 100.000 déclenchement, contre 150.000 pour le Canon EOS 5D mk2 et le Nikon D700 (et pour info, 300.000 pour le D3 et l'EOS 1Ds). Un point qui intéressera les professionnels…

L’absence de flash pop up : comme sur les deux EOS 5D de Canon (alors que Nikon a su le conserver sur le D700)... C’est un détail qui n’en est pas un, car cette absence limite la polyvalence du boîtier en voyage et en reportage. Rappelons que la haute sensibilité en basse lumière ne remplace pas le flash, relire ceci sur Macandphoto.com.

La prise flash propriétaire : comme sur tous les Minolta / Sony, ce qui vous empêchera d'utiliser - éventuellement - des modèles d'autres marques... Heureusement Sony propose un excellent HVL-F58AM à tête basculante, un flash annulaire HVL-RLAM et un flash Macro HVL-MT24AM.

L’absence de correction de vignetage et d'aberrations chromatiques : pas de correction du vignetage sur les Sony, (seul Canon l’applique actuellement à ces deux derniers modèles EOS 50D et 5D mk2)... Pas plus de correction des aberrations chromatiques chez Sony, (c'est une exclusivité Nikon qui l’applique à ces derniers modèles, avec des résultats vraiment époustouflants).

Quant au Nikon D90, outre la correction des aberrations chromatiques désormais bien connues (lire ceci), il bénéficie même d'une nouvelle fonction de correction de distorsions géométriques façon DxO, pour l'instant seulement accessible dans les fonctions de retouche embarquées (qui ne sont donc pas si inutiles que ça ;-)

Gageons que la prochaine bataille pour la qualité d'image se jouera ici, cela fait des années qu'on l'annonce (comme la vidéo)... Et force est de constater que Nikon part avec un petit peu d'avance comme souvent !

Quelques détails ergonomiques : rien de rédhibitoire heureusement, mais d’une façon générale, l’Alpha offre moins de configurations avancées que ses deux compétiteurs qui capitalisent 10 ans d’innovations et de recherches constantes (les nombreux progrès entre EOS 5D et 5D mk2 en sont la démonstration). Par exemple la taille de l’afficheur monochrome sur le capot supérieur qui est ridicule face à ce que proposent Nikon et Canon (le LCD a été encore agrandi sur l’EOS 5D mk2). Les menus Sony n’ont pas encore l’efficacité des Canon, ni la géniale touche "Aide" des Nikon… Pas davantage de quadrillage optionnel dans le viseur (exclusivité Nikon extrèmement appréciable).

Stabilisation dans le boîtier : pour certains photographes (et les services marketing de Canon et Nikon) la stabilisation embarquée dans le boîtier (généralement citée comme un avantage) ne constitue pas toujours un avantage… Car elle vous prive de la stabilisation de la visée. Il me semble qu'une visée stabilisée est indispensable dès la focale de 150 mm et dès que l'on s'adonne à la moindre activité physique entre deux photos : marche, ski, etc... Cette caractéristique destine donc plutôt le Sony Alpha 900 au studio, au portrait, au reportage en grand angle, aux photos de spectacle (pas trop loin de la scène)… De préférence au sport, au voyage et à toutes les utilisations nécessitant des longues focales (d’autant que dans ce domaine particulier l’offre de la gamme optique Sony n’est pas encore suffisante).

Le stabilisateur qui sert aussi de système anti-poussière : sans que cette question soit définitivement tranchée, il n’est pas prouvé que ce système soit aussi efficace qu’un vrai système anti-poussière spécialement conçu pour cet usage et capable de vibrer à plus haute fréquence (Olympus, Canon et Nikon).

Collimateurs AF trop centrés : Comme chez les autres marques, les collimateurs AF sont issus d’un système AF pour petits capteurs, donc exagérément regroupés au centre... Sony qui avait l’avantage de partir d’une page blanche aurait dû saisir l’opportunité de proposer un système de collimateurs adaptés au capteur 24x36.

Autofocus : il est efficace rapide et précis grâce à ses 9 collimateurs aidés de 10 invisibles, ce qui contentera une grande partie des photographes... Mais il n’est pas certain qu'il puisse rivaliser avec l’AF Nikon ou Canon sur les sujets en mouvement. Selon réponse Photo, "on est loin des performances du D700 et de son suivi 3D". Par ailleurs, il n'est pas totalement silencieux avec les optiques dépourvues de motorisation Ultra Sonic (nommée SSM chez Sony). Pour l'exploiter, mieux vaut donc investir dans les plus récentes optiques SSM (lire paragraphe suivant)... Rappelons que chez Canon et Nikon la motorisation Ultra Sonic est la norme depuis des années, y compris en gamme économique (si votre budget est modeste, rappelez-vous que l’offre d’optiques Canon USM et Nikon SWM est pléthorique en occasion).

La nécessité d’optiques de haut niveau : rappelez-vous qu’une telle résolution de 24 megapixels implique l’utilisation d’optiques de très haut niveau (donc largement au-dessus des 1500 €). C'est une remarque également valable pour l'EOS 5D mk2 (mais celui-ci dispose d'optiques haut de gamme moins coûteuses)... Si votre budget ne permet pas un tel investissement, peut-être faut-il mieux réfléchir au Nikon D700, ou à l’ancien Canon EOS 5D ?

Une gamme optique encore incomplète : pour beaucoup de photographes, cela reste un obstacle à l’adoption de la marque, même si Sony a annoncé quelques optiques haut de gamme pour 2009 (il n’en reste pas moins que Canon et Nikon sortent aussi de nouvelles optiques régulièrement afin de conserver leur avance).

Prenons quelques exemples concrets. Le plus gênant est peut-être l’offre de zoom hyper grand angles, qui sont indispensables pour exploiter le potentiel d’un boîtier full-frame : Sony proposera en 2009 un 16-35 mm f/2.8 SSM pour environ 1700 €, mais pour l’instant il faut encore patienter… Alors qu’en face chez Canon on dispose depuis longtemps du EF 16-35mm f/2.8L II USM (dès 1400 €), sans oublier le EF 17-40mm f/4L USM, que l’on trouve dès 700 €… En occasion il existe aussi le EF 16-35mm f/2.8L USM (précédant modèle) qui reste excellent si l’on ferme le diaph à f/4 (j’en sais quelque chose c’est celui que j’utilise). Du côté de chez Nikon, on trouve l’exceptionnel AF-S 14-24 mm f/2.8G ED à partir de 1600 €. Ou le AF-S 17-35 mm f/2.8D ED-IF à partir de 1500 €. Autant de modèles qui sont largement disponibles en occasion.

Le problème de la gamme optique Sony est dans le choix... mais surtout dans le prix. Et je ne suis pas le seul à le souligner. Pour Réponse Photo, un des point faibles de l’Alpha 900 est qu’il : « requière des optiques onéreuses ». Pour Chasseur d’image : « il manque des outils à rêve. Du côté des objectifs normaux il y a ce qu’il faut, mais avec un tarif musclé de chez Zeiss. »… Sans oublier Question Photo qui parle « d’une gamme d’objectifs aussi trouée qu’un gruyère ».

Et je ne pense pas que l’offre d’occasion d’anciens objectifs Minolta puisse combler ce manque. De toutes façon on n’achète pas un boîtier de 24 megapixels à 2800 €, pour le coller aux fesses d’optiques anciennes dont on n’est jamis vraiment certain des performances et qui n’ont pas été conçues initialement pour être utilisées sur un numérique full frame...

Dernier point à considérer (qui a quelque chose à voir avec ce problème de gamme optique) : sera-t-il facile de revendre facilement votre Alpha 900 d'occasion, dans 3 ou 4 ans ? Si pour les photographes confortablement établis cette question n'est pas vitale... elle le sera peut-être pour de jeunes professionnels devant considérer prudemment le renouvellement de leur matériel. Sur le marché de l'occasion certaines marques rassurent les amateurs qui ne connaissent pas forcément le détail des différents modèles produits les années précédentes !

Une offre logiciel sans ambition : rien de comparable à Nikon Capture NX2 chez Sony… Il faudra vous contenter de Image Data Lightbox SR 2.0 pour trier les images et de Image Data Converter SR 3.0 pour traiter vos fichiers RAW. Quand à Remote Camera Contrôle 2.0 , il permet un pilotage simple de l’appareil connecté en USB, mais pas en WIFI. Tous trois sont disponibles pour Mac et PC, mais un quatrième logiciel n'existe que pour PC : Picture Motion Browser 3.2.01.

La plupart d’entre vous se tourneront donc vers d’autres logiciels beaucoup plus convaincants et ambitieux, comme Adobe Photoshop Lightroom 2, Adobe Camera Raw 4.6 (liste des formats supportés ici) ou Capture One 4.5 (liste des formats supportés ici)... Sans oublier Aperture 2, qui depuis ce soir 5 novembre supporte l'Alpha 900 (liste des formats supportés ici).

Malheureusement le format RAW du Sony Alpha 900 (.ARW) n’est pas encore supportés par l'exceptionnel DxO (liste des formats et optiques supportés ici)... Qui aurait pourtant eu l'occasion d'exprimer ici son immense talent, en améliorant les images du 900 en haute sensibilité (qui en ont bien besoin).

Enfin, Sony ne propose aucune solution pour garantir l’authenticité des fichiers comme le font Canon et Nikon (indispensables à certaines professions afin de garantir que les images n’ont pas été modifiées)…

Une offre de boîtiers complémentaire limitée : beaucoup de professionnels et certains amateurs experts travaillent avec deux boîtiers complémentaires (un full frame et un APS-C). Si vous êtes dans ce cas, il faut bien reconnaître que l’offre Sony en boîtiers APS-C n’est guère excitante. Le Sony Alpha 700 ne peut rivaliser avec les Nikon D300, ni avec l’EOS 50D. Sur le marché de l’occasion, il n’y a rien d’équivalent aux Nikon D200 et Canon EOS 40D et 5D.

Du côté des « petits boîtiers », rien de comparable (pour l’instant) au Canon EOS 450D (extrêmement discret et performant), ni au génial Nikon D90 (qui propose en plus la vidéo), tous deux équipés de capteurs CMOS de 12 megapixels… DPreview dresse un comparatif très intéressant de ce secteur par ici !

Et ne parlons pas du créneau professionnel ou les Nikon D3 et EOS 1D et 1Ds mk3 restent absolument seuls (générant une fois de plus un riche marché de l’occasion). Voilà des arguments qui jouent malheureusement en défaveur du Sony Alpha 900, du moins pour tous ceux qui envisagent l’utilisation conjointe d’un capteur APS-C aux côté de leur Full frame (relire notre Introduction).

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Nous avons vu que le Sony Alpha est un boîtier impressionnant qui satisfera aux besoins de beaucoup de photographes, notamment en studio, macro, paysage, portrait, spectacle (grâce à la stabilisation embarquée)...

Toutefois, handicapé par sa gamme optique en développement et ses performances modestes en haute sensibilité, le capteur géant de l’Alpha 900 ne suffira probablement pas à décider les Nikonistes ou les Canonistes à changer de marque.

Car chacun dans leur genre, les D700 et EOS 5D mk2 sont eux aussi très impressionnants. Abstenons-nous en tous cas de toutes conclusions définitives, avant de découvrir le Canon EOS 5D mk2 (dans quelques temps). La suite du dossier Full frame est par ici :

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Par VIBERT dans 00 - A RELIRE CET ETE (BEST OF) , 00 - COUPS DE COEUR , 80 - APN : Sony (Konica Minolta) | Permalink | Commentaires (72)

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