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lun. 27 avr 2009

Disque autonome HyperDrive ColorSpace UDMA.

Bien que de nombreux modèles d’ultra portables PC soient désormais disponibles, vous restez nombreux à apprécier les disques durs autonomes pour décharger vos cartes et voyager plus léger. Voyons s’il est possible de se passer totalement d'ordinateur et de fils à la patte, grâce à l’HyperDrive Color Space UDMA.

Deux tendances fortes structurent actuellement le marché des ordinateurs portables. D’une part, les modèles ultra-portable de 11 à 13 pouces, qui sont de moins en moins coûteux et de plus en plus légers… D’autre part les modèles 15 à 17 pouces, de plus en plus puissants et luxueux que beaucoup utilisent comme machine principale. Trop lourds, trop fragiles ou trop coûteux, mieux vaut éviter de les risquer dans les conditions hasardeuses d'un voyage sac au dos, d’un trek en montagne ou d’une trace en zone tropicale... Dans ces conditions, les disques durs autonomes n’ont pas dit leur dernier mot, voilà pourquoi j'ai testé cet HyperDrive Color Space UDMA distribué par Macway.

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Une prise en main d'autant plus intéressante que je ne suis pas un grand fan de ce type de matériel habituellement. En voyage, je préfère disposer d'un véritable ordinateur, aussi léger que possible mais embarquant des dizaines de logiciels (relire le test terrain de l’étonnant Macbook Air, dans n°13 du Monde de la Photo de mars 2009). Mon ordinateur principal restant une puissante station de travail, je ne crains pas de faire courir quelques risques à mon portable que je considère comme un véritable outil tout terrain...

Souvenir d'un ancêtre disparu.

Ma dernière utilisation d’un disque dur autonome, remonte à une série de treks Andins effectués au Pérou en 2004. Cinq semaines au cours desquels j'avais emmené un disque PD70X (déjà distribué par Macway), en complément d’un minuscule Powerbook G4 de 12 pouces. Au retour, j'avais écrit deux articles (relire ceci et cela) ou je détaillais les précautions indispensables à l'utilisation de cet appareil, efficace mais un tantinet délicat…

 

Pd70x J'avais apprécié à l’époque sa rapidité à décharger les cartes (pourtant 16 Mo/sec seulement) et son autonomie correcte (50 Go transféré avec une seule charge), qui s’expliquait par son minuscule écran de contrôle n’affichant pas les images ! Imaginez un peu : il était impossible de s'assurer que les images avaient été bel et bien enregistrées sur le disque. Il serait impossible de vendre un tel appareil aujourd’hui, mais à l'époque il fallait s'en contenter car il n’existait pas de solutions alternatives. En dépit de ses handicapes, le préhistorique PD70X avait rempli parfaitement son rôle de sauvegarde en complément du Powerbook (lire plus bas Stratégie d'utilisation).

Outre l'absence d'écran de contrôle, son second talon d'Achille était une alimentation électrique par accus rechargeables, mais aussi par piles AA... Une option intéressante pour les photographes trekkeur, en même temps qu’un piège diabolique pour les utilisateurs mal informés. La courbe de déchargement des piles étant plus progressive que celle des accus, il arrivait que l'alimentation devienne insuffisante sans prévenir au cours d’un déchargement de carte, ce qui provoquait des pertes de données...

La solution passait par l'utilisation exclusive d'accus ou de coûteuses piles lithium de 3000 mah. Je me souviens, qu’un problème similaire avait été rapporté par certains utilisateurs d’iPod qui tentèrent d'utiliser le lecteur MP3 en tant que videur de carte... Souvenez vous éventuellement de cela, si au cours d’un trek au bout du monde, vous tentiez d’utiliser le Color Space avec 4 piles AA (ce que je n’ai pas essayé). Généralement les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Découverte de l’HyperDrive Color Space UDMA USB2.

Tout à changé en quatre ans sur le front des videurs de carte et le présent Color Space permet de mesurer les progrès effectués (comparer ses performance en vitesse avec le PD70X). Cette version UDMA plus rapide et dotée d’un meilleur écran, succède au ColorSpace 0, qui avait déjà bonne réputation auprès des photographes. Le déballage de l’appareil est une bonne surprise. Il pèse 300 gr et sans être un premier prix de beauté, il est bien construit et bien assemblé.

_MG_0246_3000px L’Hyperdrive existe en plusieurs capacités de 160 Go (pour 299 €) à 500 Go (pour 369 €). Il est aussi possible d’acheter le boîtier nu pour 259 € et d’installer le disque dur de votre choix : de 120 à 500 Go (en SATA ou ATA-5). Une évolutivité qui le fera éventuellement préférer à d’autres modèles dont la capacité reste fixe. J’ai testé la version 320 Go qui coûte 329 €, ce qui donne un coût au Go assez raisonnable. La garantie d’un an, pièce, main d’œuvre et expédition rassure. Tout l’indispensable est fourni dans le coffret, y compris un guide d’utilisation en Français, un étuis et des vis de rechange.

On peut utiliser le disque tout de suite, car il est déjà chargé, (mieux vaut toutefois le mettre en charge rapidement). Une prise allume cigare de voiture 12 volts est fournie, ainsi qu’un câble pour recharger l’appareil en le connectant à un port USB, sans oublier une alimentation secteur classique.

L’écran de 3,3 pouces (320 x 240 pixels) est d’assez bonne facture et suffisamment lumineux pour une lecture en extérieur, c’est tout ce qu’on lui demande. Rien de comparable cependant avec certains lecteurs multimédia plus polyvalent (lecteurs MP3 et ou Video), mais aussi plus chers comme le Photo Viewer Epson. Sans être très sexy, la navigation est pratique et agrémentée de bip sonores (que l’on désactivera éventuellement). Il est dommage toutefois, que l’interface ne soit disponible qu’en Anglais et en Italien. Mais avec le mode d’emploi bien traduit en Français, on s’y retrouve vite car les fonctions ne sont pas si nombreuses.

Une compatibilité maximale.

Quatorze formats de cartes sont reconnus, notamment les CF (type 1 et 2), MicroDrive, SDHC, SD, MMC, XD et Memory Stick... Il est possible de visualiser fichiers les JPEG, mais aussi les fichiers RAW, sous forme de 20 vignettes (j’ai réalisé le test avec les JPEG et les RAW issus d’un Canon EOS 50D de 15 Mpix). Il y a toutes les chances que les RAW de votre appareil soient reconnu : Canon CR2 CRW, Nikon NEF, Sony ARW, Minolta MRW, Olympus ORF, Pentax PEF, Fuji RAF, Panasonic RAW, Sigma SD14/DP1 X3F, sans oublier les DNG de Pentax, Leica M8, Ricoch, Samsung… Dire qu’il a fallu près d’un an à certains logiciels photos bien connus, pour lire certains de ces formats !

On peut zoomer dans les images, faire des rotations pour afficher les verticales en plein écran et lire les données EXIF. L’histogramme est disponible en Luminance et par couches RVB… Une fonction de rotation automatique en basculant l’appareil façon iPhone est annoncé, mais elle n’a pas fonctionné sur mes images.

Mis à part ce détail, je n’ai rencontré aucun problème avec ce disque. Le déchargement des cartes s’est déroulé idéalement, il peut atteindre 66 Mo/ sec avec les cartes les plus rapides. Le déchargement inclut les sons et les vidéos sans offrir leur lecture (je ne l’ai pas testé). La connexion en USB au Mac a été rapide et sans problème, le disque est monté immédiatement sur le bureau. J’ai pu ensuite importer les images RAW et JPEG sur le Mac en utilisant la fonction d’import de Lightroom, comme je le fais systématiquement avec les cartes mémoires. Le taux de transfert vers l’ordinateur en USB peut atteindre 32 Mo/sec.

Quid de l’autonomie ?

Je n’ai pas été en mesure de tester l’autonomie de l’appareil en reportage. Celle-ci est affichée par un logo doté de 4 barres, ce que je ne trouve pas très précis, mais c’est souvent la loi du genre... Macway annonce que 250 Go de données peuvent être téléchargées sur une seule charge de batterie. Si elle est authentique, je trouve cette performance excellente. Même la moitié de cela serait très bien… Pour vous donner un ordre d’idée, les 11.000 fichiers RAW de mon dernier reportage de 40 jours en Indonésie ne pesaient que 150 Go, ils auraient donc tenu largement sur un Color Space de 320 Go.

Les aventuriers au long cours seront heureux d’apprendre qu’un magasin pour 4 piles AA existe en option. Dans le doute, je vous invite à préférer des piles lithium de 3000 mah (compte tenu de mes expériences passées avec le préhistorique PD70X). Il est possible de changer l’accu en démontant le boîtier, il devrait donc être envisageable d’emporter un ou plusieurs accus chargés, pour les expéditions au long cours en autonomie complète. Une solution moins encombrante que n’importe quel système à panneaux solaires.

Avantages et désavantages d'un ordinateur portable.

Que choisir entre disque dur autonome et ordinateur ? La question se pose toujours avec insistance au moment de préparer un voyage photographique. Etudions les tenants et les aboutissants de chaque solution en commençant par les avantages de la solution ordinateur portable. L'énorme intérêt d’un ordinateur est son écran de 11 à 15 pouces et l'infinité des logiciels embarqués. Il est en effet bien rare qu'un photographe n'utilise quelques outils bureautiques en voyage pour saisir des notes, répondre à ses mails, chercher des cartes ou des infos sur Internet. J'apprécie particulièrement de commencer à éditer mon reportage sur Lightroom (ou n'importe quel autre catalogueur) en cours de voyage. Réaliser un premier éditing « à chaud » sur le terrain est souvent plus efficace, que de le faire une fois revenu au bureau et replongé dans l'urgence quotidienne...

Le poids et l’encombrement important des ordinateurs et de leur bloc d’alimentation est la contrepartie. Mais cet handicape est à relativiser avec les années qui passent : la finesse et la légèreté du Macbook Air est par exemple frappante. La question de leur fiabilité est ensuite discutable : impossible de dire si un disque dur autonome est plus fiable qu'un PC ou qu'un Mac... Dans le doute je pencherais plutôt en faveur d'une meilleure fiabilité d'un Mac par rapport à un disque autonome, (pour l'unique raison que j'ai beaucoup plus de recule sur la question)... A noter que j'emmène systématiquement un chargeur de secours avec mes Macbook, car les seules pannes que j'ai eu à déplorer régulièrement sur mes portables Apple étaient la défaillances de leur chargeur.

Avantages et désavantages d'un disque dur autonome.

Leur poids et leur encombrement réduit font tout l’intérêt des disques durs autonomes. Un disque dur autonome peut constituer un second dispositif de déchargement alternatif auto alimenté : déterminant si vous voyagez avec un portable et que celui-ci tombe en panne (lire plus bas Stratégies d'utilisation). Leur autonomie peut-être éventuellement intéressante, mais je ne détaillerais pas cette question plus avant, n'ayant pu pousser le Color Space dans ses derniers retranchements. La possibilité d’utiliser des piles AA, ou de disposer d’accus interchangeables est aussi à considérer (le disque dur autonome Canon M80 utilise les accus BP 511 de certains reflex EOS). Mais il est également possible d’emmener des accus d’ordinateur bien remplis, il ne se déchargent pas lorsqu’ils sont inutilisés.

Le prix au Giga octet des disques autonome est moins intéressant, notamment si vous le comparez avec une solution ordinateur connecté à des disques externes USB ou FireWire. Il est vrai que la plupart de disques autonomes coûtent cher (plusieurs centaines d'euro), alors que l'on trouve de petits portables (PC uniquement) pour à peine plus. Leur ergonomie basique et leurs fonctions limitées à leur plus simple expression ne plaident pas en leur faveur, même si leurs systèmes d'exploitation sont de plus en plus impressionnants, avec la possibilité de lire fichiers RAW et données EXIF (comme le Color Space). Même en progrès, le visionnage des images sur leurs petits écrans de 3 à 4 pouces n’a rien de commun avec le confort d’un écran d’ordinateur qu'il est possible de calibrer (plus ou moins).

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Stratégies d'utilisation d'un disque autonome.

L'arbitrage entre ordinateur portable et disque dur autonome dépend de vos exigences, professionnelles ou non. Si vous utilisez un ordinateur portable (et des disques FW ou USB) comme outil principal d'éditing et de stockage, il vous sera possible d'utiliser votre videur de carte comme sauvegarde primaire (la première sauvegarde c'est à dire un second exemplaire des images). Vous procéderez alors à un double déchargement des cartes : une première fois sur le disque autonome (éventuellement sur le terrain en cours de journée), une seconde fois dans l'ordinateur le soir. Il sera aussi possible de décharger vos cartes uniquement sur l'un des deux appareils et de recopier ensuite les dossiers « à la main » sur le second appareil via l'USB. Dans ce mode, le disque dur autonome pourra aussi accueillir une sauvegarde de vos catalogues et documents divers.

Vous pourrez alors laisser votre ordinateur au bivouac (ou à l'hôtel) l'esprit tranquille durant la journée... Et vous conserverez votre disque dur autonome en sécurité dans votre sac photo en permanence avec vous. Bien évidemment, les adeptes de la solution ordinateur, peuvent également conserver un back up de leurs images dans leur sac photo, ce que je fais à l'aide d'un petit disque LaCie de 500 Go. Je le place dans un bullpack et dans un sac de congélation avec mon billet d'avion, mon passeport et ma carte bleue. En cas de naufrage je sauverais tout ça !

« Quand tu t’enfonces dans la jungle… avec des rebelles »

J’ai posé la question au reporter de guerre Patrick Robert sur l’utilisation qu’il à lui-même de ce genre de disque autonome. « Le mien est un modèle plus ancien, avec un écran en noir et blanc qui est bien suffisant. Quand tu t’enfonces dans la jungle avec des rebelles pour deux ou trois jours et que tu ne sais pas trop quand tu vas rentrer, je préfère emporter un disque autonome qu’un ordinateur. C’est bien plus léger et je ne crains pas de le casser… Le seul problème que j’ai eu, fut lorsque j’ai cassé la vitre du panneau de commande. Je l’avais rangé en vrac dans mon sac à dos avec mes boîtiers. C’est portable, mais il faut quand même faire attention. Je suis retourné chez Macway, mais ce genre de bris n’est malheureusement pas couvert par la garantie. J’en ai donc racheté un autre ».

Pour mettre tous les atout de son côté, rien de tel qu’une solution double : ordinateur + disque autonome. Ce dernier présente l’énorme avantage de servir de solution de secours en cas de panne ou perte d'ordinateur. Un argument décisif en sa faveur, car se retrouver sur le terrain sans moyen de décharger ses cartes peut se terminer en galère s'il n'y a ni cybercafé, ni vendeur d'ordinateur dans les parages (il n'est pas facile d'en trouver des Mac au fin fond du Whereisistan)... Tout dépend des enjeux évidemment, un professionnel ne peut prendre le risque de se retrouver dans ce genre de situations. En l'absence de videur de carte autonome, l’autre solution pour parer à une panne d'ordinateur est de disposer d'un ordinateur de secours. Ainsi, lors de mon périple en Indonésie l'été dernier, j'ai déposé mon Macbook Pro de 15 pouces dans un hôtel de Kuta, ou il m'a attendu sagement durant 1 mois et demi.

Deux autres disques dur autonomes pour la photo

  • Epson Photoviewer P-6000 – Descendant des P-3000 et P-5000, c’est lui qui indéniablement possède le meilleur écran de 4 pouces en 16 millions de couleurs. Doté d’un disque de 80 Go. Il accepte les carte CF et SD, ainsi que d’autres formats grâce à un adaptateur. Il lit les JPEG, de nombreux formats RAW, de nombreux formats vidéo (notamment MPEG-4, DivX, WMV) et audio (MP3, AAC, WMA), ce qui en fait un lecteur multimédia polyvalent. Il est compatible avec les imprimantes PictBridge et autorise même certaines retouches. Il dispose d’une batterie amovible (autonomie 3h30 en vidéo et 6h en musique) et pèse 430 g. On le trouve à partir de 630 €.
  • Canon M80 (relire ceci) – Il possède un écran de 3,7 pouces, mais d’un disque de 80 Go (à mettre en raport avec les 320 Go du Color Space). Caractéristique plus intéressante, il accepte les accus BP 511 des Canon EOS Experts de la série 40D, 50D, 5D (mais pas 5D mk2). Son design soigné reprend un peu celui des Canon EOS, il pèse 370 gr. Il accepte les cartes CF et SD, lit les JPEG et RAW Canon, dispose d’une protection par mot de passe et peut imprimer directement sur une imprimante PictBridge. Son prix est par contre élevé, compte tenu qu’il ne sert pas de lecteur multimédia et ne lit que les RAW Canon : à partir de 633 €.

Par VIBERT dans 00 - A RELIRE CET ETE (BEST OF) , 00 - COUPS DE COEUR , 50 - MATOS : Accessoires photo , 75 - TEST : Test de terrain | Permalink | Commentaires (23)

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