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ven. 30 oct 2009

Test Canon EOS 7D, premières sensations (part 1)

Le Canon EOS 7D tiendra-t-il ses promesses ? Est-il suffisamment armé pour rivaliser sur le marché des « semi-pro » avec le Nikon D300 et son évolution récente le D300s ? Après une rapide prise en main, voici mes premières impressions en attendant un test terrain cet hiver, dans le genre de ce que j’avais fait avec l'EOS 50D au Canada et l'EOS 450D en Indonésie 


Annoncé le 1er sept 2009 au prix officiel de 1799 €, le Canon EOS 7D est bel et bien le remplaçant de l’EOS 50D. Un modèle présenté tout juste un an plus tôt (26 août 2008), qui restera disponible au catalogue de la marque plusieurs mois. - Mise à jour (le 5 nov.) :

Eos7d_afIl est probable qu’ensuite, l’ancestrale lignée des EOS à deux chiffres disparaisse (les EOS D30, D60, 10D, 20D, 30D, 40D et 50D), en même temps que le format de batterie BP-511 apparu en mai 2000 avec l’EOS D30 (l'avenir nous le dira)...

Le nouvel EOS 7D utilise en effet la batterie LP-E6, plus performante (et légèrement plus encombrante) apparue avec l’EOS 5D Mk2.

 


Un changement de nomenclature pas si innocent

Pourquoi donc, cet EOS 7D (nouvel haut de gamme des reflex à petit capteur chez Canon), ne s’appelle-t-il pas EOS 60D comme l’aurait voulu la logique ? Plusieurs raison à cela : premièrement Canon se serait retrouvé à cours de noms d’ici quelques générations : impossible d’envisager des EOS 70D, 80D et 90D tant les risques de confusion seraient forts avec les Nikon D70, D80 et D90. Sans oublier un lointain ancêtre, l’EOS D60 premier 6 Mpix de la série qui aurait pu brouiller les cartes…

Eos7d_bouton_onof Pas impossible ensuite que Canon ait souhaité marquer fortement les esprits avec ce changement de nomenclature, qui coïncide avec l’arrivée « en masse » de nouvelles technologies.

Depuis que Nikon est revenu au tout premier plan du marché en enchaînant les reflex exceptionnels et les technologies innovantes, la « roadmap » de Canon semblait en effet bien sage et les nouveaux développements un peu timides et souvent « conservateurs ». L'EOS 7D et son nouveau nom, auront donc pour mission de changer l'image des reflex experts de la marque Rouge...

 


D’un reflex « expert » à un boîtier « semi-pro »

Ce changement de nom s’accommode également bien de la progressive montée en gamme de cette lignée de reflex intermédiaires, qui séduisent de plus en plus souvent les professionnels (dont les revenus ne sont pas à la hausse comme vous le savez). Ajoutez y le fait que les EOS 5D et 5D Mk2 ont acquis une cote d’amour fantastique ; et il n’est pas interdit d’imaginer que les stratèges de Canon espèrent que celle-ci profite aussi (un petit peu) à l’EOS 7D.

_MG_5565_web_1000pxEn conséquence, tous les EOS pourraient donc monter légèrement en gamme à l’avenir. Ce serait donc aux successeurs de l’EOS 500D (les EOS à trois chiffres) de séduire les « amateurs experts » à la place des EOS 50D (moins de risque ici de se retrouver à cours de nom un jour, puisque la numérotation progresse par « 50 » tous les 14 ou 18 mois).

Quand à l’entrée de gamme, elle restera confiée aux modèles à quatre chiffres comme l’EOS 1000D, dont il sera facile de décliner les noms à l’infini.

Pour élaborer son cahier des charge, Canon aurait interrogé 5000 photographes autour du monde (?)... Modestement, les ingénieurs Japonais auraient pu aussi lire notre match entre le Canon EOS 40D et le Nikon D300, paru il y a deux ans. Car il soulignait "déjà" la totalité des forces et faiblesses de cette gamme d’EOS ! Cette histoire d'interroger 5000 photographe fait doucement sourire les journalistes (pas que moi), car il y a longtemps que tout le monde sait fichtre bien ce qu'il fallait améliorer sur cette série d'EOS. Il suffisait d'ailleurs de regarder un Nikon D300 pour cela, ce que bien plus de 5000 photographes ont fait ! Pas besoin de sondages, rien de tel que la sanction du marché pour faire évoluer un modèle ;-)

Eos7d_globalEn dépit de son nouveau nom, l’EOS 7D est bel et bien une évolution de l’EOS 50D et ce qui change se cache à l’intérieur. Ces évolutions sont de celles que l’on ne croise que tous les 8 ou 10 ans : changement de système AF, de mode de mesure, de batterie, de prisme et de système de visée... Voyons ce qu’il en est.

 


Écran, viseur et agrément de visée : Canon nous en met « plein la vue » ! 

Si les EOS 40D / 50D disposaient de viseurs dans la bonne moyenne (mais assez inférieurs à celui du Nikon D300), celui du Canon EOS 7D est enfin devenu professionnel. Sur le papier il est même le meilleur dans cette gamme de prix, Canon nous en met plein les yeux avec une visée affichant 100% de l’image et un grossissement de x1.

Eos7d_prismeGrâce à ce viseur de très haut niveau, l’EOS 7D peut être utilisé en complément du Canon EOS 5D Mk2, sans que l’on souffre d’une différence de confort en sautant de l’un à l’autre…

Ajoutez à cela un quadrillage optionnel façon D300 qui permet de caler rapidement l’horizon afin de ne pas gâcher de précieux pixels (recadrage nécessaire pour redresser les images bancales)… Un système « à la demande » qui me semble plus intéressant que les verres de visé optionnels interchangeables en atelier (dont est désormais privé l’EOS 7D, trois étaient disponibles pour les EOS 50D / 40D).

Du côté de l’écran, pas de changement de définition ni de taille. La bordure noire qui cernait l’écran à été réduite au maximum, ce qui diminue son encombrement sur la face arrière du boîtier (la même évolution pourrait s’avérer encore plus intéressante pour le successeur de l’EOS 500D). Sa sensibilité aux reflets aurait été diminuée grâce à une nouvelle technologie. Les amateurs de vidéo ne vont pas s’en plaindre (même si l’on a pas vraiment vu de différence lors de notre essai).

 


Performances de l’autofocus : du progrès

C’est peu dire que l’évolution radicale du système AF de cette gamme d’EOS était espérée depuis longtemps. On se demande bien pourquoi ces 19 collimateurs croisés (dont un habituel collimateur central plus sensible pour les optiques ouvrant à f/2.8) ne sont pas arrivés plus tôt…

Eos7d_viseur Dans ce domaine, l’EOS 7D s’est encore furieusement inspiré de son concurrent ce dont on ne va pas se plaindre (ce qui laisse d’ailleurs espérer un système plus avancé encore, sur le successeur de l’EOS 1D Mk3).

En découvrant ce nouvel AF et ces 19 collimateurs qui « suivent » parfaitement le sujet dans le cadre, on ne peut que penser au Suivi 3D de Nikon sur 51 collimateurs… Un suivi 3D que malheureusement, 80% des utilisateurs de D300 et D3 (que j’ai rencontré) n’avaient jamais activé, faute d’avoir paramétré le menu adéquat (il est nécessaire en effet d’activer les 51 collimateurs pour en profiter). Nikon va traditionnellement beaucoup plus loin que Canon au niveau de la personnalisation fine de l’autofocus. Presque trop pour certains, qui se sentent un peu perdus face à toutes ces options, qui vous oblige à plonger dans le mode d’emploi…

Eos7d_af Espérons pour les non professionnels, que les réglage AF de ce 7D s’avèrent plus conviviaux à l’usage… Le temps nous a manqué pour nous lancer dans un test précis et systématique des divers modes AF proposés par l’EOS 7D, mais le premier contact fut impressionnant et rassurant.

L’AF est nerveux, précis et semble efficace, il faut dire qu’un processeur spécifique est dédié au pilotage de l’AF, ce qui est totalement nouveau.

On regrette toutefois que la zone couverte par ces 19 nouveaux collimateurs ne soit pas un tout petit peu plus large. Et oui ! Le Nikon D300s conserve encore un peu d'avance de ce côté là... Pour autant leur couverture me semble suffisante pour l’immense majorité des situations de prise de vue.

Et l’on se demande au passage, ce qu’il en sera sur les prochains reflex APS-H et full frame de la marque ? S'il s'agit d'une déclinaison de celui-ci, espérons qu'une répartition plus large sera développé pour le successeur de l’EOS 1D Mk3 (la question sera encore plus cruciale avec le 5D Mk3 ou le 1Ds). J’imagine que les ingénieurs auront tenu compte de cette problématique dès le début de la conception de ce nouveau système AF, qui sera probablement décliné sur d'autres modèles d'EOS et peut-être à « géométrie variable ».

Mise à jour après la sortie du Canon EOS 1D MkIV : il est surprenant de constater que le système AF du nouveau boîtier pro (analysé ici), reste basé sur une répartition des capteurs classiques identique à celle de son prédécesseur (la répartition est toutefois généreuse grâce à 45 collimateurs)... Apparemment les spécificités de l'AF de l'EOS 7D ne profitent pas encore à la série 1D.

Ce qui fait également craindre que le successeur de l'EOS 5D Mk2 (même si on y est pas encore), hérite un jour directement du système AF de l'EOS 7D (car ces deux reflex sont de proches cousins et le resteront). SI c'était le cas, ce serait un peu dommage car ce système reste toujours trop étroit pour un reflex full-frame. A moins (idée folle), que les trois groupes de collimateurs du 7D ne constituent trois modules distincts... et qu'ils puissent être écartés ?

 


Cinq modes de sélection des collimateurs AF

Cinq Modes de sélection des collimateurs sont à notre disposition (dont trois sont nouveaux) et une fonction personnalisée permet de masquer éventuellement les Modes qui ne vous intéresseraient pas :

  • Sélection automatique parmi 19 collimateurs : comme sur les précédents EOS, l’intelligence artificielle de l’appareil sélectionne automatiquement les zones sur lesquelles faire le point. Le système marchait déjà très bien avant et je n’hésitais pas à l’utiliser pour toutes sortes de situations (notamment en Mode One shot). On peut imaginer que dorénavant il sera encore plus efficace grâce au renfort d’une dizaine de collimateurs supplémentaires (plus proche les uns des autres, ce qui devrait aider l’appareil à mieux identifier un sujet en déplacement). Mes premiers essais vont dans ce sens.
  • Sélection manuelle d’un collimateur Unique : comme sur les précédents EOS, elle se fait classiquement par la molette arrière, ou par le Joystick. Rien de spécial à ajouter, c’est dans ce mode là que l’on regrette un peu le fait que les collimateurs ne soient pas un peu plus excentrés. Je ne m’en sert quasiment jamais, contrairement à certains collègues qui utilisent presque toujours le collimateur central uniquement (ce qui ne cesse de m’étonner).
  • Sélection manuelle d’un collimateur Étendu : nouveauté sur l’EOS 7D, il s’agit d’une variante du précédent Mode. Les quatre collimateurs adjacents au collimateur sélectionné sont utilisés pour améliorer sa détectivité et augmenter sa surface (déjà vu chez Nikon d'ailleurs).

AF_SEL

  • Sélection manuelle d’un collimateur Spot : nouveauté sur l’EOS 7D, il s’agit d’une variante du précédent Mode. Les collimateurs sont plus étroits et très précis. Utile par exemple pour saisir un oiseau posé sur une branche à travers une minuscule trouée dans les feuillages (pas vu chez Nikon).
  • Sélection manuelle d’une Zone AF : nouveauté sur l’EOS 7D, les collimateurs sont regroupés en quatre zones de quatre collimateurs (haute, basse, droite et gauche), plus une zone centrale composée de neuf collimateurs. Cette dernière plaira aux « anciens » préférant (depuis leur premier EOS 1 en 1988), ne travailler qu’à l’aide du seul collimateur central (salut à Patrick Robert ;-) A vous de choisir manuellement l’une de ces cinq zones… Pratique éventuellement en portrait, en paysage, ou dans certains cas en reportage. Au final ce système à l’avantage d’une grande simplicité, car il revient à un système de cinq collimateurs (mais des collimateurs géants et composites).

 


Sélection différenciée des collimateurs en cadrage Paysage ou Portrait

Dernier raffinement, les collimateurs AF peuvent être sélectionnés séparément pour une prise de vue horizontale ou verticale. Une innovation inédite jusqu’alors dans le monde de la photo, l’usage dira si elle s’avère utile notamment en portrait et en sport. Par exemple si un collimateur « en haut à droite » est activé en cadrage paysage, vous retrouverez automatiquement un collimateur activé « en haut à droite », lorsque vous basculerez en cadrage portrait. Une option permet d’activer un collimateur spécifique en cadrage vertical.

Eos7d_af_reglages Ne tirons pas de conclusions prématurées, il faudra confronter l’AF de l'EOS 7D à des situations de terrain (et à l’AF du D300s), pour savoir si Canon est revenu au premier plan de la course au meilleur AF (place que le fabricant a tenu grosso modo une petite vingtaine d’années avant de se faire doubler par Nikon).

Mais avec les innombrables objectifs EF et EF-S à motorisation Ultrasonic, cet EOS 7D semble être une formidable machine à faire le point. Il est à noter qu’Olympus, Pentax pas plus que Sony ne réussissent actuellement concurrencer Nikon et Canon sur le terrain des optiques à motorisation Ultra Sonic…

Offrir une poignée d’optiques professionnelles à 2000 € est une chose, mais satisfaire les besoins véritables des amateurs avec des gammes Ultrasonic entre 400 et 1000 € en est une autre (n’oublions pas que les optiques « expert » à moins de 1000 €, constituent l’énorme majorité du marché).

 


Cadence de prise de vue : mieux qu’un D300s

Avec une cadence de 8 images/sec (sur 126 JPEG ou 15 RAW), sans avoir besoin d’ajouter un booster et des batteries spéciale, l’EOS 7D distance la concurrence et l’on peut s’attaquer tranquillement à la plupart des sports (dire que je réalisais mes images de ski à la cadence modeste de 5 images/sec à l’époque de l’argentique, ce qui me semblait une vitesse supersonique).

Eos7d_monturePour un photographe animalier ou un professionnel de l’image sportive, L’EOS 7D peut donc compléter et même remplacer un EOS 1D mark III (autant dire que l’EOS 1D mk4 devra déménager pour se démarquer du 7D)…

Ajoutons que l’EOS 7D travail à cette vitesse impressionnante avec « d’énormes » images de 18 Mpix (codées sur 14 bits de surcroît). La plupart des professionnels auraient certainement préféré 10 images/sec avec des fichiers de 15 Mpix seulement, ce qui aurait permi - aussi - d’améliorer la qualité d’image en haute sensibilité. Une option RAW sur 12 bits aurait été aussi appréciée pour alléger les cartes.

Sans son booster le Nikon D300s produit des images de 12 Mpix (sur 12 bits), à la cadence de 7 images/sec (ce qui est déjà excellent, mais la cadence chute si vous optez pour le NEF 14 bit). Le Nikon monte à la vitesse de 8 images/sec à condition d’utiliser la poignée MB-D10 et de coûteux accus spéciaux Li-ion ENEL4a, ce qui vous oblige a acquérir un chargeur spécial.

Du côté des regrets (parce qu’il en faut bien), je déplore que Canon nous interdise toujours de personnaliser précisément la cadence de la rafale intermédiaire, comme il est possible de le faire sur le D300 (une fonction perso devrait l'autoriser). D’autant qu’entre 2 et 8 images/sec, il y a de la place pour au moins trois vitesses intermédiaires !

 


Construction et poids : Canon rattrape-t-il Nikon ?

On avait constaté un progressif alourdissement, entre les EOS 30D, 40D et 50D. Mais ce coup-ci le changement est plus significatif et le gabarit de l’EOS 7D rejoint celui du Nikon D300 et de l’EOS 5D Mk2 (principalement à cause du prisme de visée). Bonne nouvelle pour la plupart des photographes exigeants… Mais je suis personnellement un peu déçu par le poids important du 7D, je croyais que le progrès c’était aussi l’allègement et l’économie.

Beaucoup d’amateurs de voyage regretteront cette évolution en se souvenant que l’un des atouts de cette gamme d’EOS était justement sa légèreté. Je leur recommanderais sans hésiter d’essayer l’EOS 500D qui est vraiment excellent, bien plus discret et beaucoup moins cher qu’un EOS 7D… L’économie réalisée sera intelligemment investie dans l’achat de bonnes optiques EF-S ou EF (s'ils rêvent d'un full frame un jour), ou dans des billets d’avion (qui restent la meilleure garantie de réaliser de belle images, davantage qu’un viseur 100% ou une cadence de 8 im/sec).

Eos7d_jointsLa coque de l’EOS 7D est toujours en alliage de magnésium avec la même technologie que ses ancêtres. Poussé par la concurrence Canon a par contre beaucoup amélioré l’étanchéité du boîtier en multipliant les joints (on est théoriquement au niveau de protection que possédait un EOS 1 argentique)… On ne va pas s’en plaindre !

Cette amélioration suffira à la plupart des professionnels, sans toutefois égaler la tropicalisation parfaite des reflex 100% professionnels. On en a souvent parlé sur Macandphoto.com, il ne faut pas être obsédé par la tropicalisation : mis à part les photographes travaillant en mer ou en montagne, très peu de personnes sont concernées. Pour beaucoup de citadins, la tropicalisation touche au fantasme, ce sont les mêmes personnes qui roulent en 4x4 en ville, ou transportent leur couteau Suisse dans le métro pour parer à toutes les situations.

 


Agrément de prise en main : du progrès.

La prise en main a progressé en confort, tout comme l’accès aux commandes dont certaines ont été déplacées. Le commutateur d’alimentation a migré sur le haut du boîtier (à gauche, là ou il restait de la place). Il est enfin ( ! ) dissocié du loquet de verrouillage de la molette arrière, ce qui n’est pas un mince progrès lorsqu’il s’agit d’allumer rapidement son boîtier.

Eos7d_lock Combien de fois m’est-il arrivé de viser en croyant que mon reflex était allumé, alors qu’il ne l’était pas ? D’ailleurs, on aurait encore préféré que ce commutateur soit placé juste à côté du déclencheur sous l’index droit, comme sur l’EOS 500D ou le D300. Ce qui en cas d’urgence, permet la mise sous tension du bout de l’index, sans quitter le sujet du viseur.

Je ne sais si c’est à cause du grip caoutchouté ou à cause de la forme de la poignée, mais la prise en main du 7D me semble plus sensuelle que celle du 50D et tendrait à ressembler à celle du D300. Les touches ont étés agrandies (un peu comme le D300), ce qui fera plaisir à ceux qui travaillent avec des gants en hiver.

Aviez-vous remarqué que dorénavant les nom des fonctions est inscrit directement sur les boutons de la face arrière (façon Nikon)… Alors qu’auparavant ils étaient gravés en dessous des boutons (qui étaient un peu plus petits)… Par contre, il n’y a toujours pas de nom sur le testeur de profondeur de champs (comme chez d’autres constructeur d’ailleurs). Une bizarrerie que je ne me suis jamais expliqué (quelqu’un aurai-t-il une idée du pourquoi ?).

Eos7d_afonDans le même temps de nouvelles touches ont été ajoutées, ainsi que de nombreuses possibilités de personnalisation, par exemple l’attribution de diverses fonctions au touches de son choix. L’EOS 7D tente ainsi de rejoindre le D300 dans le club extrêmement fermé des reflex relativement personnalisables.

Si le Nikon D300 possédait un léger avantage sur les EOS 40D et 50D du côté de la prise en main, il semblerait que les compteurs soient dorénavant remis à zéro. Petit détail, je trouve la trappe de batterie du D300 plus facile à ouvrir que celle des EOS lorsque l’on a des ongles courts. Par contre il est moins rapide de sortir la batterie du Nikon (il faut incliner l’appareil), alors que l’EOS possède un astucieux petit ergot à ressort qui sert à l’éjecter, de quoi gagner quelques secondes à chaque fois…

 


Pas de changements du côté du lecteur de carte.

Un peu dommage que ce nouvel EOS 7D ne gagne pas un second emplacement pour carte SD, comme le nouveau Nikon D300s (il serait bien assez gros pour cela). Ce n’est pas tant pour des raisons de sécurité (car je n’ai jamais perdu une seule image suite à une erreur d’écriture, il suffit de formater ses cartes régulièrement), mais un double emplacement m’aurait permit de séparer physiquement les photo (sur la CF) et les vidéos (sur la SD)…

Eos7d_construction Pourquoi cela ? Car je décharge mes cartes en utilisant le dialogue d’importation de Lightroom qui ignore pour l’instant les vidéos (parions que cela change vite). Et je crains d’oublier un jour ou l’autre de copier manuellement ces fichiers vidéo. Le risque de formater la carte sans les avoir déchargé n’est donc pas nul…

Pour revenir à la finition du boîtier, certains râlent depuis plusieurs années après la trappe de carte mémoire qu’ils jugent un peu légère sur cette gamme d’EOS. Un détail qui tient pour moi de la légende absolue, d’ailleurs depuis sa première version sur l’EOS D30 je n’ai jamais eu de problèmes avec. Ni même jamais entendu parler du moindre souci concernant cette trappe (et j’ai croisé des centaines d’utilisateurs d’EOS). Je persiste à la trouver parfaite, il est fort pratique de l’ouvrir du seul pouce de la main droite, tandis que la main gauche s’empare d’une carte vierge pour faire l’échange… D’ailleurs sur son D700, Nikon a fini par supprimer le loquet qui bloquait la trappe de carte sur le D300. CQFD ?

 


Accessibilité aux photographes occasionnels.

Le Canon EOS 7D a perdu les « Modes scènes » disponibles sur ses prédécesseurs (à l’image du Nikon D300 qui en est dépourvu). C’est dommage et même totalement idiot, car ces Modes assistés (Portrait, Paysage, Sport, etc…) ne coûtent rien et sont indispensables pour rassurer les débutants… Faut-il croire que cela ne « faisait » pas assez pro ? L'idée vient-elle d'un as du marketing ?

Eos7d_boutonGrâce à ces modes scènes, les Canon EOS 40D / 50D parvenaient à séduire les plus exigeants des photographes néophytes (à qui on pouvait recommander ces modèles sans crainte). Avec l'EOS 7D, ceux-là n’auront d’autre choix que le Mode Vert (Tout Auto)... Ou le Mode Programme (P) qui reste le plus automatisé des modes experts, mais ne règle pas automatiquement tous les paramètres (ce que savaient faire les Modes Scènes)…

Cette « ablation » sauvage est d’autant plus regrettable que depuis les EOS 50D et 500D, ces modes proposaient enfin l’enregistrement des images en format RAW (alors que les précédents EOS imposaient le format JPEG et le sRVB, ce que j’ai toujours dénoncé).

Autre étrangeté, pourquoi fichtre Canon ne propose-t-il pas d’Aide contextuelle dans ses Menus (par ailleurs excellents) ? Alors que chez Nikon, une simple pression sur la touche « ? » fournit des explications pour chaque menu. Une initiative pédagogique qui dépanne même certains professionnels (heureusement car les Menus du D300 sont pléthoriques et parfois obscures). Comment se fait-il que toutes les marques ne copient pas cette idée géniale ?

Au final, l’EOS 7D n’est plus vraiment adapté aux débutants et rejoint le D300 au club des boîtiers « pas si faciles »… Il semblerait que le champion de Nikon ait non seulement inspiré les ingénieurs de Canon, mais aussi ses stratèges du marketing. Cette évolution du 7D vers « moins d’accessibilité » confirme mon hypothèse d’une progressive recomposition de la gamme EOS vers le haut.

 


Fonctionnalités et ergonomie pour les Experts

L’ergonomie des EOS pour les "Experts" est bien rodée et s’améliore par petites touches depuis 1987. La philosophie de cet EOS 7D se rapproche un peu plus du concept « une fonction = un bouton », depuis longtemps adoptée par Nikon sur ses reflex experts (mais pas toujours en entrée de gamme étrangement, alors que Canon à fait de gros effort sur les EOS 450D et 500D).

PERSO_2Ne subsistent que trois boutons à « double fonctions » sur le capot supérieur du 7D (juste à côté de l’écran LCD monochrome). Ils continueront à en faire râler quelques uns, mais ne gêneront pas trop ceux qui y sont habitués. Le principe est d’appuyer sur le bouton puis de modifier une fonction par la molette arrière… Et l’autre par la molette avant !

Le premier bouton pilote la Balance des Blancs et le Mode d’exposition. Le second le Mode AF et la Cadence. Le troisième permet d’accéder à la Sensibilité et à la Correction d’Expo du Flash. Rien de compliqué, mais certains utilisateurs font comme un blocage, alors à vous d’essayer et de vous faire votre idée.

Sur le sélecteur de Modes, on retrouve les trois Modes personnalisables C1, C2 et C3 qui avaient fait leur apparition avec l’EOS 40D. Ils permettent d’accéder instantanément à une configuration prédéfinie du boîtier, que vous pouvez préparer à l’avance en fonction des circonstances. Exemple d’utilisation :

  • C1 pour le paysage : par exemple en Priorité ouverture, à une sensibilité de 100 ISO et en Style d’Image Paysage.
  • C2 pour des images de sport : par exemple en Priorité vitesse, avec une sensibilité de 400 ISO et en style d'image Standard.
  • C3 pour les scènes d’intérieur : par exemple en Mode Programme, avec une sensibilité ISO auto et le flash au second rideau si cela vous chante.

Voilà trois modes extrêmement pratiques pour des utilisateurs professionnels ayant besoin d’être réactifs. Ces modes personnalisés peuvent également dépanner si vous êtes plusieurs à partager un seul boîtier.

Dernier point, je regrette beaucoup qu’il ne soit toujours pas possible d’enregistrer les réglages de son boîtier sur une carte afin de les sauvegarder ou les appliquer à un autre boîtier. Le Nikon D300, propose cette fonction appréciable lorsque vous avez passé une (ou plusieurs) heure à configurer votre reflex aux petits oignons… Ou lorsque vous changez de reflex tous les 18 mois, à chaque nouveau modèle !

 


Ergonomie des Menus

Mon avis est que les Menus des EOS sont ce qui se fait de mieux en la matière. J’ajouterais même que Nikon devrait s’en inspirer pour refondre totalement les siens dont le principe me semble dépassé (cela finira bien par arriver un jour ou l’autre)... Première possibilité : on peut utiliser l’excellent petit Joystick (apparu avec l'EOS 20D) pour se déplacer dans tous les sens. Ou seconde possibilité (que je préfère encore) : on peut naviguer de colonnes en colonnes grâce à la molette avant, pendant qu’on explore les colonnes verticalement grâce à la molette arrière. Simplissime, ultra rapide et super efficace.

Eos7d_menu_fct_perso Canon regroupe les paramétrages les plus avancés du boîtier (qui sont très rarement modifiés) dans un menu « fonctions personnalisées ». Cela simplifie beaucoup la navigation et allège les menus généraux (appréciable pour les non initiés). La colonne verte de menus favoris n’a pas changé depuis son apparition sur l’EOS 40D.

Vous y ajoutez dans l’ordre qui vous convient, des raccourcis vers vos menus les plus courants (y compris vers les fonctions personnalisées). À titre d’exemple, j’y ai placé la fonction personnalisée de Verrouillage du miroir qui est habituellement si bien cachée, ainsi que les Mode AF en Live View. C’est génial et je n’utilise plus que cette colonne pour piloter l’EOS. Dommage que le nombre de menu soit limité à six, car un pro utilise beaucoup plus de fonctions que ça.

Pour atteindre la perfection, il ne manque donc à Canon que la géniale touche aide des Nikon « ? » déjà évoquée plus haut.. Ainsi que "l’Astérix" qui apparaît sur un menu dont la configuration d’origine a été modifiée.

 


Conclusion de la partie 1 : l’EOS 7D, conçu comme un D300 killer

Voici une conclusion intermédiaire avant d’étudier la suite du boîtier… Changement de stratégie donc pour l’EOS 7D ciblé « semi professionnel », par rapport à son prédécesseur l’EOS 50D qui était plutôt ciblé « amateur-expert ».  Proposé à 1799 € TTC boîtier nu au moment de sa sortie, l’EOS 7D est proposé exactement au même prix que le Nikon D300s… Alors que jusqu’à présents les gammes respectives des deux leaders étant astucieusement étagées l’une par rapport à l’autre, Canon a donc choisi d’attaquer Nikon frontalement pour la première fois depuis longtemps (ce qui nous laisse espérer un EOS 550D un poil plus musclé face au D90 à l’été 2010).

On peut imaginer qu’on trouvera l’EOS 7D aux alentours de 1200 ou 1300 € boîtier nu d’ici une dizaine de mois - Mise à jour (le 5 nov.) :

J’ai en effet cru remarquer que le prix de la rue (ou Internet) des reflex Canon baissait un poil plus vite que celui des équivalents Nikon. Mais peut-être ne s’agissait-il que d’une réaction du marché, conséquence d’un engouement certain pour Nikon depuis deux ou trois ans ? A moins que le rythme plus rapide de renouvellement des EOS (12 à 18 mois) n’en soit la cause…

Les caractéristiques techniques très avancées de l’EOS 7D devraient lui permettent de répondre aux attentes des professionnels de l’image sportive (8 images/sec), du reportage et même du studio (viseur 100% et 18 Mpix)… Sans oublier des capacités vidéo les plus avancées du marché (50 images /sec qui autorisent de superbes ralentis, regardez cet exemple), qui intéresseront probablement les créateurs multimédia (sites web d’actu par exemple)…

Du moins ceux qui n’ont pas été séduits par le Lumix GH1 et son AF réactif en vidéo (ce Panasonic est le seul reflex qui accorde quasiment autant d’importance à la vidéo qu’à la photo). Car du côté de l’AF en Live View et vidéo, aucun progrès visibles… C’est un peu la déception de ce modèle. Mais il faut croire que de ce côté là, les choses évolueront très lentement.

 


A suivre dans le seconde partie tout ce qui n’a pas encore été évoqué ici : la Sensibilité ISO, la Taille et la Qualité des images, l’Exposition, le Flash (enfin le pilotage à distance), le Niveau électronique, les Optiques disponibles, Le Live View, la Vidéo, ect…

 


Lire aussi à propos de Canon :

  • Canon S90 et viseur externe, l'astuce qui tue !
  • Deux petits accessoires utiles pour le Canon S90.
  • Test terrain : Canon G10 au Costa Rica (en attendant le G11).

 


 

Par VIBERT dans 00 - A RELIRE CET ETE (BEST OF) , 00 - COUPS DE COEUR , 75 - TEST : Test de terrain , 80 - APN : Canon | Permalink | Commentaires (42)

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