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ven. 18 juin 2010

DAM book, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué

Pourquoi faire simple, quand on peut faire compliqué ? Et même, "inutilement" compliqué voire "tortueux"... C'est la première réflexion que m'a inspiré la lecture du " DAM Book en Français" (DAM signifiant Digital Asset Managment), ce qui donne : " Catalogage et flux de production pour les photographes ", brillament traduit par mes collègues Volker Gilbert et Gilles Théophile.

Catalog

Soyons franc : en dépit de l'excellente traduction (que je tiens à souligner), je déconseillerais ce livre à tous les "non experts" c'est à dire à 95% des photographes amateurs ou professionnels... 

L'éditeur aurait mieux fait de commander un ouvrage plus court, plus synthétique (ce qui demande un vrai effort d'écriture) et beaucoup plus "à jour" des tendances récentes... Car ce DAM Book n'est que la mise à jour d'un ouvrage déjà dépassé (disons, en partie dépassé).

Tout le problème, est que les lecteurs novices seront bien en peine de deviner, ce qui est (ou n'est pas) dépassé, dans ce livre qui se veut être "référence". Je n'ai pas l'habitude de descendre en flamme des bouquins. J'en reçois pas mal et de bien plus mauvais que celui-ci, la moitié des livres techniques de photo étant totalement inintéressants ou insignifiants. Dans ces cas-là, il suffit de ne pas en parler !

Mais ce DAM book a toutes les apparences du guide crédible ! Bien réalisé, très illustré et documenté : une "sorte de Bible", ce qui le rend d'autant plus dangereux pour ses adeptes éventuels. Car il risque de vous orienter sur de bien mauvaises pistes et de vous conduire à imaginer qu'un flux de travail "doit nécéssairement" être très compliqué, pour être efficace et sécurisé... Alors que c'est au contraire la simplicité, qui est mère de sûreté et d'efficacité. 

Ce bouquin me semble donc totalement à côté de la plaque ! Une opinion qui n'engage que moi et que d'autres ne partageront pas forcément... Ce sera donc à vous, de vous faire votre idée ! J'invite donc tous les lecteurs de ce livre, à préciser en commentaire, ce qu'ils ont pu en tirer. Et au delà de la discussion sur cet ouvrage, je vous invite à ouvrir le débat sur le "flux de travail photo en 2010".

  

Pour les experts, seulement...

Toutefois, certains photographes experts en gestion de photothèque, liront éventuellement le DAM Book, par curiosité... Ils y trouveront quelques idées intéressante. Et surtout, ils disposeront d'un panorama de tout ce qu'il est possible de faire (mais ce n'est pas parceque quelque chose existe, qu'on doit l'adopter).

Le DAM Book risque par contre, d'aiguiller tous les autres sur d'assez mauvaises voies, (auxquelles ils n'auraient pas pensé tout seul, c'est ça le drame ;-) Par exemple laisser croire que renommer systématiquement ses images est une nécessité (cela peut l'être, mais pour une minorité d'utilisateurs). Ce livre peut aussi vous conduire à utiliser un logiciel de conception ancienne dont on ne connait pas précisément le devenir (je veux parler d'Expression Media récemment racheté par Phase One)...

Mais il y a pire : le DAM Book pourrait vous pousser à convertir toutes vos images en DNG ! Ce que je considère comme "assez catastrophique" (j'en reparle plus bas). Heureusement, je connais beaucoup plus "d'ex utilisateurs du DNG", que d'utilisateurs récents du DNG...

  

Tout ça pour ça ?

Articulé autour d'un plan très alambiqué, le résultat me semble être exactement l'inverse de ce que devrait être un bon bouquin sur le workflow photo. J'avais déjà lu en 2005, la première version de cet ouvrage en Anglais (il n'était pas encore traduit). J'avais déjà trouvé la description du flux photographique inutilement "sinueuse"... Toutefois une chose m'avait intéressé : il était un des seuls ouvrage disponibles (sinon le seul), à décrire un workflow basé sur iView Media Pro.

Hors, il n'existait rien de mieux qu'iView Media Pro à l'époque, (j'en ai très souvent parlé). Mais ce n'est plus du tout le cas aujourd'hui et ce logiciel ne peut plus être considérer comme un bon choix (sauf dans certains cas très particuliers)...

   

  

Nous avons changé d'époque...

Cette nouvelle édition du DAM BOOK continuer d'évoquer un workflow articulé autour de ce logiciel (un chapitre de 40 pages lui est intégralement consacré). Qu'on se le dise : bien que récemment racheté par Phase One, il a été trop longtemps abandonné par Microsoft à son destin (sa dernière version nommée Microsoft Expression Media 2.0.2, date plus ou moins de mars 2009).

Je trouve donc extrêmement discutable d'orienter les lecteurs vers une voie, probablement sans issue, en ometant toute information sur la destinée "aléatoire" du logiciel (d'ailleurs au moment ou le livre a été publié, Expression Media n'avait pas encore été racheté et son développement était totalement suspendu).

Aujourd'hui, on ne sait encore rien de ce que Phase One sera capable d'en faire... La seule bonne solution serait de le fusionner avec Capture One, en vue de réaliser un "tout en un", comme le sont Lightroom et Aperture. Autant repartir d'une page blanche face à un tel défi. Par ailleurs, je doute que Phase One dispose des équipes de développement capables de mener à bien un projet aussi ambitieux. On le leur souhaite. Mais de là, à parier toute la gestion de son stock à long terme la dessus... il y a un pas que je n'encouragerais personne à franchir.

On lira heureusement avec plus d'intérêt le chapitre 9 (de 46 pages), entièrement consacré à Lightroom 2 (chapitre déjà légèrement dépassé puisqu'il ne prend pas en compte les nouveautés de LR3). La question des différences entre Lightroom et Bridge aurait également mérité de plus amples explications (un choix qui coûte cher : pas moins de 700 €)... Plus intéressant, le chapitre 10 (de 38 pages) est consacré à Bridge et ACR. Malheureusement il se termine par une abomination (selon moi) : on vous invite de convertir vos images traitées, en DNG. Ce que je vous déconseille vigoureusement (la question est développée plus bas)...

  


Du côté des bonnes choses

Du côté des bonnes choses, un long chapitre (le 3) est consacré aux métadonnées. Il est intéressant et s'avérera utile à tous... Utile également, les pages consacrées à la notation par étoile (notamment si vous n'avez pas élaboré votre propre méthodologie). Car si l'on veut être rapide et efficace, il est toujours bien de structurer un peu sa façon de procèder (j'enseigne la même méthode "progressive" lors de mes cours sur Lightroom).

Les rappels sur la notion de .xmp sont tout aussi vitaux (comme le sont les fichiers .xmp eux-mêmes... Qu'en aucuns cas vous ne devez " supprimer parcequ'il ne font pas joli dans les dossiers ", comme je l'ai déjà entendu ;-)

Les quelques pages consacrées aux données GPS sont à mémoriser dans un coin de nos tête, pour le jour ou tous les APN seront équipés de modules GPS (ce que je trouve bien long à venir). Les pages consacrées aux disques durs sont intéressante, mais incomplètes... Notamment à propos des systèmes RAID 1 qui sont si faciles à installer sois-même grâce à Mac OSX (seulement 4 pages y sont consacrées, alors que c'est vital et si facile à faire sois-même)...

Malheureusement, en se voulant encyclopédique, l'auteur noie les points vitaux sous une énorme masse d'informations qui seront inutiles à la plupart des photographes... Sans parler de quelques tartes à la crèmes et banalités ennuyeusement diluées sur des chapitres entiers, qu'il aurait fallut absolument couper...

  

Quel "capharnaüm numérique" !

Osons le dire : les notions de fichiers de travail et de fichiers archivés prônées par ce livre sont à oublier... Quel "capharnaüm numérique" quand on y pense !

Les choses doivent être beaucoup plus simple que cela : une base de donnée (Lightroom ou Aperture), un seul exemplaire des fichiers... Le tout stocké sur disques RAID 1 (ou 5). Plus deux ou trois sauvegardes sur disques à l'exterieur, régulièrement mises à jour... Point final, rien de bien compliqué ! Et pour faire plus simple, je me débarrasse des TIF et JPEG exportés dès le livre ou le magazine imprimé. Je ne conserve que les RAW et leurs ajustements en .xmp, tout le reste est du consommable... 

Quel besoin de s'encombrer de sauvegardes sur disques optiques qui sont terriblement lentes : mieux vaut les remplacer par 2 ou 3 sauvegardes sur disques. Plus fiables et 1000 fois plus rapides ! Sur ce point le livre à 5 ans de retard...

Lorsqu'une procédure de sauvegarde devient contraignante (et les sauvegardes sur disque optiques le sont terriblement), il y a de grandes chances pour qu'elle ne soit jamais rigoureusement et systématiquement effectuée. Qu'on se le dise : au prix des disques dur (depuis 4 ou 5 ans déjà), persister à graver des disques optiques (à la fiabilité discutable), est totalement préhistorique.

  

Qui a peur du renomage des photos ?

Le chapitre sur le renomage des fichiers ne me convient pas trop, comme vous pouvez vous en douter... Il sera néanmoins utile à 5 ou 10 % des photographes. Mais dans le même nombre de pages, il aurait aussi été nécessaire d'expliquer les avantages et inconvénients (il y en a pas mal) du renomage... Afin que chacun puisse choisir s'il en a besoin (ou pas).

Précisons que pour certains professionnels le renomage des fichiers est indispensable, mais pas pour tout le monde ! Il se transforme parfois en véritable source de problèmes et de perte de temps, c'est ce que je constate très régulièrement chez les photographes pro (ils se reconnaitront) pour lesquels j'interviens... La moindre des choses serait d'avertir les adeptes du renomage : si vous renommez, vous devrez être extrêmement rigoureux.

  

Le choix fatidique de la conversion en DNG !

La conversion systématique en format DNG est à proscrire ! En plus d'être inutile, le DNG présente l'énorme défaut de vous faire perdre " l'essence même " de vos fichiers RAW qui ne pourront plus êtres ouverts par le logiciel du fabricant de l'appareil. Vous interdisant ainsi, de profiter des avancées des futurs moteurs de développement des fabricants d'APN. Qui sait, de quels merveilles seront capables Nikon Capture NX4 ou Canon DPP5 ? Pourquoi fermer des portes, alors qu'on ne gagne rien en échange...

Démonstration par l'absurde, le DAM Book trouve très bien qu'un DNG pèse moins lourd, que le RAW à partir duquel il a été produit. Ce n'est pas un miracle, seulement la preuve que des informations (propriétaires à Canon, Nikon, etc...) ont étés irrémédiablement détruites (ou compressées), lors de la conversion en DNG... Ne faites pas confiance au DAM Book sur ce point : fuyez à tous prix le DNG qui ne présente aucun intérêt, (ou des avantages très anecdotiques, comme se débarrasser des .xmp, ou d'afficher un preview de l'image ajustée dans iView Media Pro).

D'autant que si Adobe DNG Converter est capable de convertir un fichier RAW d'un type donné, en DNG... Cela veut aussi dire que ce type de fichier RAW, peut être directement ajusté par Lightroom ou ACR (qui utilisent le même moteur), directement et sans conversion... Ce qui à l'énorme avantage de laisser le choix d'un processus paralèlle dans le logiciel de l'APN, notamment si l'on veut comparer et choisir le meilleur rendu à la fin.

Dans ces conditions, pourquoi donc risquer de perdre des informations avec ce satané DNG, alors qu'on ne gagne strictement rien ! Et qu'il ne fait que réduire nos possibilités et les potentialités de nos fichiers RAW... Voilà ce que le DAM book aurait du expliquer.

  

Pour conclure...

Au final, il est bien dommage que ce DAM book n'ait pas réussi à faire un choix entre divers flux de travail, dont certains inutilement compliqués et même dépassés. Il aurait mieux valu recommander les plus efficaces en fonction du type de métier pratiqué, ou du type d'activité photographique... Un choix qui aurait demandé un "certain engagement" à l'auteur, une certaine "prise de risque"... Un photographe désirant se consacrer à ses photos (plutôt qu'à l'informatique), aura intérêt à se limiter à deux ou trois logiciels efficaces, en évitant de se disperser.

Au lieux de cela, le DAM Book nous submerge sous une avalanche d'informations non hiérarchisées, parfois récentes, parfois anciennes... Il y a donc fort peu de chance qu'un novice réussisse à extraire le moindre "savoir faire utile" de ce livre "fourre tout" et peu structuré. Ces 459 pages (pour 39,90 € tout de même) n'intéresseront éventuellement, que ceux qui ont déjà leur flux de travail bien en main et envisagent de le perfectionner...

Pour tous les autres, ce DAM Book en Français ne contribuera qu'à rendre un peu plus obscure la notion de "flux de travail photographique"... Malheureusement personne jusqu'alors, n'a réussi (ni même tenté) de décrire un tel flux de travail pour un public précis (amateur ou professionnel), dans un livre ambitieux, mais sachant rester synthétique et facile d'accès. Tout reste à faire...

  

  

Par VIBERT dans 00 - A RELIRE CET ETE (BEST OF) , 00 - COUPS DE COEUR , 70 - CONSEIL : Editing & workflow | Permalink | Commentaires (50)

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