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sam. 18 déc 2010

La photo décryptée : marché à Phnom Penh au 24 mm

Chaque mois dans le mensuel Déclic Photo, je décrypte pour vous une de mes photos et vous livre l'histoire de de sa fabrication... Sans oublier d'évoquer le contexte, "la petite histoire de l'image". De temps à autre je vous proposerais  sur cette page une de ces images, parues dans un précédent numéro.

Actuellement en kiosque le numéro 65 de Déclic Photo, dans lequel vous retrouvez une autre photo décryptée.

  


Ou, quand, comment, pourquoi

Alors que nous nous baladions dans les petites rues bordant le fleuve Mékong, c’est un orage sur Phnom Penh, qui nous obligea à nous réfugier dans ce marché couvert… Assis sur de petits tabourets de plastiques, nous nous apprêtions à déguster une soupe de crevette très parfumée et pas mal épicée ( ! ), lorsque j’ai remarqué cette vendeuse en train de consulter un album photo avec une voisine. L’album était plein de souvenirs de famille, de mariages, des parents exilés à l’autre bout du pays, ou disparus à l’époque des Kmers rouges. Au Cambodge les albums photos sont plus précieux qu’ailleurs, chargés d’émotions à cause de l’histoire.

_MG_6327_1200px

 


La planche contact

Dans cette série du marché au 14 et au 24 mm, cette photo est la seule qui sorte du lot grâce à un rayon de lumière tombé par chance d’un trou dans le toit. Ailleurs, la lumière était terne et le sujet peu spectaculaire… Le piqué et la luminosité d'un 14 mm ont contribué à sauver la situation. En voyage un grand angle fixe permet de gagner en qualité par rapport à un zoom grand angle. D’ailleurs, on peut se passer bien plus facilement d’un zoom grand angle, que d’un zoom télé... Car au grand angle, il suffit de se reculer de deux pas pour changer radicalement de cadrage.

Planche_contact 

 


Le secret de fabrication

Après avoir photographié cette scène de loin au 24-105 mm (sans grand succès), j’ai voulu passer au grand angle pour mieux « situer » les personnages dans cet environnement haut en couleur. Un véritable capharnaüm tel que l’on en trouve que sur les marchés locaux d’Asie… Sur l’EOS 5D Mk2 (full frame), j’ai donc monté un des plus fabuleux objectifs proposés par Canon, le EF14 mm f/2.8 L II. Ce grand angle ne déforme pas les perspectives contrairement à un 15 mm fisheye. Il reste discret (c’est appréciable ici), léger et compact, ce qui me permet de l’emporter même lorsque je ne pars qu’avec un petit sac.

  


Les réglages de l’appareil

Même avec les objectifs professionnels ouvrant à f/2.8 (sensés rester excellents à toutes les valeurs), j’évite la plus grande ouverture autant que possible (sauf en portrait). Par faible luminosité, je préfère donc monter légèrement en sensibilité, ce qui est de plus en plus facile au fur et à mesure que les capteurs progressent. Ici les 400 ISO du Full frame n’ont généré aucun bruit dans les ombres, même après avoir « débouchée » fortement l’image... Cette ouverture raisonnable de f/4 m’a permis de sécuriser la mise au point sur toute la profondeur de l’étale (un peu plus de profondeur de champs qu’à f/2.8). J’ai ’échappé aussi à toute traces d’aberration chromatique… 

 

 


La petite astuce

L’investissement dans un grand angle fixe entre 14 et 20 mm vaut éventuellement le coup pour un photographe passionné. Certes, ce Canon 14 mm (unique en son genre) dépasse les 2000 €… Mais il existe de (rares) alternatives chez certains constructeurs d’optiques compatibles (Voigtländer, Sigma). Toujours est-il que plus la résolution des reflex augmente, plus l’investissement dans de telles optiques fixes se justifie. Car il est impossible d’obtenir un tel piqué, une telle maîtrise des aberrations chromatiques et une telle maîtrise de la géométrie avec un zoom. Par ailleurs, très peu de zoom offrent des angles de champs aussi larges.

 


Le développement

Travaillant systématiquement en RAW (surtout par lumières difficiles), j’ai très légèrement réchauffé la température de couleur. Elle me semblait un peu triste (froide) initialement, à cause de la lumière naturelle par temps de pluie (je n’utilise quasiment jamais la Balance des blancs Auto). Je n’ai pas cherché à combattre le léger vignettage de l’optique : j’en ai même rajouté un peu histoire de bien « fermer » le cadrage et donner à la scène un petit quelque chose d’intimiste… Pour la même raison j’ai dessaturé l’ensemble de 10 points, ce que je ne fais très rarement. Mais tous ces bidons colorés me semblaient incroyablement clinquants.

Masquage

 


Le détail qui compte

Cette image ne nécessitait pas d’ajustement, comme la plupart des images réussies à la prise de vue. Mais la gestion de la netteté était importante, afin de faire ressortir son « croustillant » et tous les détails de l’étalage. Il ne fallait toutefois pas « abîmer » les visages avec une accentuation exagérée, car une telle image prend tout son sens, à condition d’être tirée en grande taille… Dans ces cas là, c’est le curseur « Masquage » de Lightroom qui vient à la rescousse. Il permet de « protéger » les zones lisses qui ne seront pas accentuées. Pour visualiser le masque, appuyant la touche alt de la main gauche pendant que vous manipulez le curseur.

_MG_6327_détail

   


Le boîtier : reflex de 21 Mpix à capteur CMOS Full frame.

 

L’objectif : EF 24-105 mm f/4 non stabilisé.

Les accessoires : aucun, ni flash, ni filtre.

Mode : Priorité vitesse (par habitude je choisi le plus petite vitesse utilisable).

Ouverture : f/4 (pas la plus grande ouverture de l’objectif si possible).

Sensibilité : 400 ISO, j’évite généralement la sensibilité auto, du moins chez Canon.

Vitesse : 1/40e de seconde (J’aurais pu descendre au 1/30e si nécessaire).

Focale pratique : 24 mm (focale réelle grâce au capteur full frame 24x36).

 

Par VIBERT dans 00 - COUPS DE COEUR , 70 - CONSEIL : photos décryptées | Permalink | Commentaires (19)

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