En 2014 macandphoto change de nom, rendez vous sur

www.photoetmac.com

Merci d'updater vos bookmarks !

 

 

Accès direct :



« Biographie de Steve Jobs le 26 octobre, explosive ? | Accueil | Fuji X-100 : prometteur… mais raté ! Part 2/4 »

lun. 24 oct 2011

Fuji X-100 : prometteur… mais raté ! Part 1/4

Multipliant les références à l’histoire glorieuse de la photo, le Fuji X-100 est conçu pour séduire une clientèle cultivée... Mais le retro design suffit-il à lui seul à créer un boîtier efficace ? Nous allons voir qu’après quelques semaines d’essai terrain, la réponse est plus nuancée que les avis dithyrambiques que l’on trouve sur Internet…

 


... partie 1 (sur 4) :

Comment ne pas être surpris lors d’une première prise en main de ce Fuji X-100 ? Inspiré par le Fujika V2 de 1964, son « rétro design » est évidemment une grande réussite esthétique. Personnellement j’adore ! Tout le monde adore, presque automatiquement…

0000_screencopy_JFV_ 2013-03-07 à 22.00.51

Un atout au moins aussi décisif que sa fiche technique et la grande qualité (pré supposée) de son capteur APS-C... Son look a même participé à son succès sur Internet, avant même sa commercialisation. D’autant que celle-ci fut assez lente, durant « l’après Fukushima ». 

Ajoutez lui un intéressant viseur hybride (autre excellente surprise à laquelle personne ne s’attendait) et vous obtenez un objet rare… Et comme il fallait s’y attendre, ce qui est rare est cher ! Un peu moins de 1000 € (presque un Macbook Air). Sans compter l’indispensable pare-soleil à 69 €, que je vous recommande d’acheter, ou de tenter de remplacer par un autre modèle.

0000_screen_ 2011-10-24 à 16.49.05

Mais avant de consacrer le X-100 au panthéon de la photo, aux côtés des M6, Hexar et autres références historiques, il restait à vérifier que l’on ne nous raconte pas trop de fables… Et qu’en pratique, le « ramage » du X-100, se « rapporte à son plumage »... Et justement, lors de ces trois semaines de prise en main « en vrai », les surprises n’ont pas manquées !

_S160514_web_1000px

J'ai eu bien du mal à réaliser cette image, faute de ractivité et de disponibilité de l'appareil... Mais elle finalement relativement réussie. Après pas mal d'essais ! Vitesse : 1/850em. Ouverture : f/9. Sensibilité : 200 ISO.

 

Démarrage plutôt mou

Avant de commencer à photographier avec le Fuji X-100, mieux vaut oublier toutes les habitudes acquises avec des compacts modernes…

 

J’ai notamment eu beaucoup de mal à me satisfaire de ce 35 mm fixe, après avoir adoré le zoom de l’Olympus XZ-1 (28-112 mm f/1.8-2.5). Le 35 mm : c’est à prendre ou à laisser… Pour ce qui me concerne, j’ai toujours pensé que le 35 mm était la focale la plus ennuyeuse du monde. Je me souviens d’ailleurs d’une époque, à laquelle je ne possédais qu’un 16-35 mm et un 70-200 mm, montés sur deux reflex. Et je ne faisais pas la moindre image entre 35 et 70 mm, ce qui ne me manquait ! Nous reviendrons à ce sujet en fin d’article…

0000_screen_ 2011-10-24 à 16.55.20La mise sous tension est pratique à l’aide d’un bouton idéalement accessible, tout près de l’index droit. Attention toutefois, à ne pas le confondre avec le curseur de zoom avant / arrière, typique des APN compacts… Le démarrage se fera en 3 sec en mode standard. Ce qu’on est en droit de trouver beaucoup trop long pour un appareil « de reportage » coûtant 1000 €, alors que n’importe quel reflex à 600 € démarre instantanément.

D’autant que le X-100 n’a même pas à « déployer » un objectif rentrant, comme un Canon G12 ou un Olympus XZ-1 (ce qui leur permet d’être extra plat, mais allonge la mise sous tension)… La sortie de veille semble tout aussi lente, ce qui est encore plus décevant (à noter que depuis la mise à jour firmware 1.1, l’appareil sort de veille d’une pression sur le déclencheur, mais pas plus vite).

On pourra paramétrer un démarrage plus rapide qui rend le X-100 opérationnel en 1,9 sec, au prix d’une plus grande consommation énergétique, paraît-il.

 

Premier contact et batterie en rade…

J’ai rapidement compris que l’autonomie serait l’un des points faibles du X-100. Les photographes productifs investiront donc obligatoirement dans une seconde batterie…

0000_screen_ 2011-10-24 à 16.52.57Mes premiers essais ont ainsi commencé avec une panne de batterie prématurée, alors que je multipliais les tests… Donnée pour 300 vues environ, la batterie NP-95 du X-100 est largement sous dimensionnée pour un appareil dit, « de reportage » et met plus de 3h à se recharger (vide ou pleine, le témoin du chargeur s’allume en vert en permanence)…

Mauvais point, alors qu’un simple EOS 600D tient au moins 500 vues sur une seule charge (ou plus avec quelques précautions). Fuji avait pourtant toute la place de loger une batterie de reflex dans ce « gros boîtier », comme Nikon l’a prudemment fait sur le V1 dont le gabarit est voisin.

0000_screen_ 2011-10-24 à 16.54.12A noter qu’aucun détrompeur n’interdit de placer cette batterie à l’envers, un détail idiot (qui m’avait déjà surpris sur l’Olympus XZ-1). Batterie et carte SD partagent le même logement sous la semelle et resteront inaccessibles lorsque le X-100 sera sur pied. Pour l’anecdote, on pourra changer la carte sans éteindre l’appareil.

 

Réactivité décevante

Comme on s’y attendait, le retard au déclenchement est imperceptible, comme sur un reflex. Ce qui ne devrait tout de même pas nous étonner d’un boîtier à 1000 €, spécialement conçu pour les photographes experts…

0000_screen_ 2011-10-24 à 17.22.23

Par contre on est surpris de la lenteur d’affichage des images réalisée, que l’on visionne péniblement 3 secondes après une pression sur Play… Précisons que cette lenteur n’est constatée, que si vous avez interdit la vérification instantanée des photos dans le viseur (immédiatement après la prise de vue)… Mais il sera évidemment possible d’obtenir l’affichage immédiat dans le viseur (optique et électronique), exactement comme sur l’écran d’un compact.

La durée sera alors réglable sur 1,5 sec, 3 sec ou illimitée. Il faudra appuyer à mi course sur le déclencheur pour intervenir l’affichage et revenir à la visée.

Mais mon avis est qu’il serait ridicule d’investir autant dans boîtier si spécifique, pour l’utiliser comme un compact… L’interruption intempestive de la visée me semble incompatible avec le reportage de terrain, vous privant de tout le bénéfice de la visée directe typique des télémétriques et des reflex… 

Pour autant, il n’en reste pas moins que tous les photographes ont besoin de vérifier de temps en temps leurs images… Et vite ! Mais le Fuji X-100 n’en est pas encore capable, tout ce qui est passage en revue des image est horripilant de lenteur.

 

Cadence rapide mais souffle court

Des rafales entre 3 et 5 im/sec (sur 8 RAW) voilà qui n’est pas si mal… Même si le Nikon V1 ridiculise déjà cette performance (il monte à 20 im/sec avec AF et 60 im/sec sans AF)… Par contre, restez conscient que le X-100 sera immobilisé 10 à 20 secondes après chaque rafale, ce qui pourrait vous faire rater la suite d’une action intéressante et tempèrera votre enthousiasme...

Il faudra également attendre environ 1,5 sec entre deux images en RAW + JPEG pour manipuler le boîtier dont le processeur (visiblement sous dimensionné), est occupé à digérer l’image... Mais le déclenchement reste heureusement possible.

Si en plein jour l’AF est suffisamment réactif, bien aidé par la grande ouverture de l’objectif ; il se montre un peu plus lent en basse lumière et en macro. C’est décevant lorsque l’on habitué aux reflex et même à certains compacts plus véloces. Décevant aussi face au Nikon V1, nouveau champion du monde des hybrides en matière d’Autofocus.

A noter que le X-100 peut être parfaitement silencieux, ce qui est intéressant pour ce genre de boîtier... Il suffira d’une pression d’une seconde sur la touche Disp Back, pour activer / désactiver le mode silence. Il interdit flash, lampe d’assistance AF et « clic » artificiel du déclencheur. Une diode persiste à s’allumer à l’arrière, mais les « photographes espions » pourront toujours y coller un petit carré de scotch noir. Ce mode Silence sera également accessible par les menus.

 

Qualité d’image excellente

Avec un objectif fixe de 35 mm et un capteur CMOS 12 Mpix en taille APS-C, l’image est de très bonne qualité. Mais là encore rien de surprenant, car on n’en attendait pas moins d’un appareil de cette taille et de ce prix.

Depuis le temps qu’on sait fabriquer des 35 mm et des capteurs APS-C, il me semble que la performance est à relativiser. Du coup, le prix du X-100 s’expliquera davantage par sa construction et son viseur, que par les caractéristiques de son capteur et de son objectif.

_DSF0459_web_1000px

Piqué superbe du Fujino 23 mm... Vitesse 1/450e. Ouverture : f/5. Sensibilité 200 ISO.

Le Fuji X-100 sera capable de travailler sans dommages à 1600 ISO, comme la plupart des reflex APS-C. Bruit numérique, vignetage, aberrations chromatiques et distorsion sont modérées. Il sera même possible d’optimiser tout ça dans Lightroom, car depuis sa version 3.5, Lightroom dispose d’un profil pour corriger automatiquement les défauts optiques du X-100…

Heureusement d’ailleurs, qu’Adobe est là. Car le logiciel Silkypix Raw Converter proposé par Fuji, n’est guère engageant...

_DSF0276_web_1000px

Une des limites du X-100, le passage au viseur électronique est obligatoire pour la mise au point à courte distance... A moins de passer en Mise au point Manuelle et d'utiliser la touche AEL AFL du pouce. Vitesse 1/60e. Ouverture : f/5,6. Sensibilité 200 ISO.

Le diaphragme à 9 lamelles assure un joli « bokeh » à grande ouverture. Mais il faudra s’attendre à une légère douceur sur les bords de l’image aux grandes ouvertures. Douceur que j’apprécie d’ailleurs… Dans Lightroom, il m’arrive parfois d’ajouter du flou en périphérie des images issues de reflex, pour leur donner un rendu plus « naturel ».  Donc rien de gênant pour le genre d’images que l’on aimera réaliser avec un tel boîtier (reportage en basse lumière, images de rue, voyage)…

Dès f/4 le piqué devient excellent sur la totalité de la surface (bords et centre). Et quasi parfait au delà de f/5.6, jusqu’à f/16 (valeur la plus fermée) ou l’on ne note pas de phénomène de diffraction gênant. Ou si discrète, que je ne l’ai pas vu…

 

Gadget : les paramétrages d’image

Les résultats en JPEG sont excellents. Ce qui encouragera ceux qui ne maîtrisent pas le flux de travail RAW (faute de maitrise de l’outil informatique), à paramétrer finement leurs Style d’image dans le boîtier. Mais le paramétrage des styles d’images reste tortueux et le mode d’emploi conseillé pour ne pas hésiter sur certains termes à la traduction obscure (Ton ombre, Ton lumière)…

_DSF0457_web_1000px

Colorimétrie des RAW dans Lightroom : Profile Adobe Standard obligatoire (ressemble au choix Astia)... Tant que Lightroom ne saura pas imiter les diférents Style d'images du boîtier. Vitesse 1/320e. Ouverture : f/4.5. Sensibilité 200 ISO.

Etant lassé des images trop saturées (genre Velvia dont j’ai abusé entre 1991 et 2001 pour la presse magazine), j’ai préféré le Style d’image Astia, très doux… Le Fuji X-100 est encore loin de rivaliser avec les Style d’image Canon plus variés. Il lui manque notamment avec un style « Faithfull » très apprécié (fidèle) qui serait bien adapté aux images que l’on réalise avec le X-100. N’oublions pas que Canon fut précurseurs en terme de colorimétrie et de paramétrage de Style d’image.

Fuji propose aussi la simulation des filtres en noir et blanc (Jaune, Rouge et vert), ainsi qu’un anecdotique Style Sépia. Mais les options du X-100 tiennent un peu du gadget, car les différences sont trop peu marquées et nombreuses pour être séduisantes. Par ailleurs vouloir imiter le rendu de films argentiques disparus, ne présente à mon avis aucun intérêt. Surtout pour ceux qui les ont subit autrefois, on préférera éventuellement jouer avec l’image en post traitement.

0000_screen_ 2011-10-24 à 17.09.33

Enfin, n’oubliez pas que les personnalisations d’image dans l’appareil, ne s’appliquent qu’aux JPEG… Et que d’une façon générale : les Style d’images (de toutes marques) seront inutiles à ceux qui travaillent en RAW (sauf à utiliser les logiciels des fabricants d’appareil).

On ne s’attardera pas davantage sur la qualité d’image, puisque sur le fond, le Fuji X-100 fait l’unanimité… Je préfère me concentrer maintenant (comme à mon habitude), sur les questions ergonomiques. Car c’est bien l’ergonomie d’un appareil qui rend possible (ou pas), la saisie au vol de « l’instant décisif ». A l’époque de Cartier-Bresson, c’est l’ergonomie de son Leica lui permettait de réussir ses images. Mais une telle ergonomie se justifie-t-elle toujours aujourd’hui ?

 

Prise en main à deux mains !

Pour les plus jeunes, la lecture des données de prise de vue, directement sur les bagues de vitesse et d’ouverture sera une découverte. Elle remplace pourtant avantageusement la lecture de l’écran monochrome situé sur le capot des reflex... C’est intuitif et rapide, ceux ont appris la photo sur des reflex mécaniques comprendront (c'est mon cas, sans être si vieux) !

Malheureusement, on ne peut pas dire que la prise en main du X-100 soit voluptueuse. Faute de poignée épaisse et de grip caoutchouté, remplacé ici par un revêtement simili cuir… Plus simili, que cuir ! Le confort aurait-il été sacrifié au look ? Certes la taille du boîtier facilite l’accès aux commandes qui sont lisibles… Mais, nombre de compacts (à commencer par les Canon G12 ou Pentax Q), ont réussi à faire plus petit et plus ergonomique en même temps.

0000_screen_ 2011-10-24 à 17.19.00

Lorsqu’on manipule le X-100 d’une main, on appréhende de le laisser tomber car il est finalement assez lourd et trop glissant... Il faut l’assurer de la main gauche, avant de relâcher la pression du pouce pour atteindre la moindre commande.

0000_screen_ 2011-10-24 à 16.51.43Il lui manque le levier d’armement des Leica M argentiques qui sécurisait la prise en main (il existe d’ailleurs des accessoires destinés aux M8 et M9 qui en sont dépourvu). Fuji aurait pu imaginer quelque chose de discret dans le même genre, pour y appuyer le pouce… On se souvient du levier d’armement de l’Epson RD-1 premier télémétrique numérique, pour le coup le retro design était 100% justifié.

MAJ : Pour les plus passionnés, voici le Thumbs Up EP-5S for the Fuji X100, qui facilite et sécurise la prise en main ! Je ne l'ai pas essayé, mais ça me semble vraiment intéressant...

Ep-5s silver on fuji x100  02

Ep-5s silver on fuji x100  03

Above : Gary Perlmutter's Fuji X100 with Thumbs Up EP-5S in silver 

 

Pour la même raison, il est impossible de tourner la molette de correction d’exposition avec le pouce, sans soutenir le boîtier de l’autre main... Cela nuit à la réactivité, qui était pourtant l’ambition initiale.

0000_screen_ 2011-10-24 à 17.31.16

On aurait aussi apprécié que le curseur de sélection de viseur OVF-EVF soit plus accessible. Plus près de l’index ou du pouce. Sa forme est un hommage au retardateur des Leica, mais une fois de plus, il est impossible de l’atteindre sans s’aider de la main gauche. Le rétro design du X-100 répond trop souvent à des impératifs esthétiques et marketing, plutôt qu’à des choix d’efficacité.

... à suivre ici !

 


 

  


 

 

Par VIBERT dans 00 - COUPS DE COEUR , 75 - TEST : Test de terrain , 77 - TEST : Compacts experts , 80 - APN : Fujifilm | Permalink | Commentaires (11)

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/services/trackback/6a00d8341c048f53ef0153928c3cab970b

Listed below are links to weblogs that reference Fuji X-100 : prometteur… mais raté ! Part 1/4:

Commentaires


Pur_next RETOUR HOME MACANDPHOTO.COM