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jeu. 12 avr 2012

Instagram ou le triomphe de la médiocrité en photo

Lundi dernier, Facebook s'est offert le réseau social Instagram : 1 milliard de dollars . Je ne vois qu'une seule explication à une telle absurditée : nous vivons vraiment dans un monde d'inculture de l'image mondialisée ! Un peu de lecture :

  • Atlantico Instagram : vraie réussite ou nouvelle bulle Internet ?
  • Atlantico Rachat d'Instagram par Facebook : le triomphe de l'image...
  • Slate.fr les photographes de presse ont tout à gagner à s’y mettre.
  • Presse citron Facebook rachète Instagram pour 1 milliard de dollars

Car pour apprécier les filtres Instagram, il faut être totalement dépourvu de la moindre culture photographique, de la moindre culture de l'image en général... J'arrive à le comprendre, dans le cas d'adolescents acculturés n'ayant pour seule référence, que des clips de musique idiots et des jeux vidéo simplistes (qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit : il y a aussi des clips géniaux et des jeux vidéo intelligents, seuls 95% sont totalement désolants). 

Heureusement on ne reste pas obligatoirement "adolescent acculturé" toute sa vie, encore que... Certains n'auront pas obligatoirement les opportunités de sortir de leur ignorance, on ne nait malheureusement pas avec tous les même chances au départ. Mais Internet est vrai une chance de se cultiver (pour l'image comme pour le reste), autant qu'une malédiction pour les cultures "non dominantes"... Par exemple, aucune raison pour un gamin de 15 ans de lancer soudain une recherche dans Google Image sur Jacques-Henri Lartigues ou Henri Cartier-Bresson.

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Copie d'écran du site Slate.fr (photo REUTERS/Andrew Biraj).

Que des gamins se laissent impressionner par les effets clinquants d'Instagram ou d'Instamatic, soit... Mais que des photographes "soit disant ambitieux", deviennent fans d'une collection de filtres, alors voilà qui me décoiffe ! Se satisfaire ainsi de recettes toutes prêtes, les mène droit à la catastrophe !

Et la catastrophe pour un photographe, c'est tout simplement de produire exactement les mêmes images stéréotypées et reconnaissables, que celles produites par les 30 millions d'utilisateurs précédants des recette "préfabriqués" d'Instagram ou de ses nombreux clones...

Aussi, je ne vous dit pas à quel point j'ai été surpri de lire ce ramassi de conneries sur Slate.fr, une source habituellement d'assez bon niveau. Jugez plutôt :

" Instagram n’est pas une menace pour le photojournalisme. La véritable menace vient du fait que les photographes de presse refusent de travailler avec cette plateforme". 

Ce qu'on peut écrire comme conneries tout de même sous le coup de l'émotion ! C'est pour ça que j'ai attendu quelques jours avant de poster cet article, histoire de le relire à tête reposée. Considérons qu'il s'agit d'une déclaration de guerre à la bêtise !

C'est un peu pour cette raison, que je m'étais refusé à améliorer les images d'Afghanistan publiées récement sur Macandphoto (j'aurais pu le faire assez facilement et rapidement grâce à Lightroom)... Si une image est intéressante, elle n'a pas vraiment besoin d'être améliorée. Et surtout pas avec Instagram... Imaginez qu'une génération entière d'enfants photographiés par des smartphones, n'auront pour seules photo souvenirs d'eux, que des photos "sépiaisées" par Instagram, scratchées et maculées des faux reflets ! Ahah, c'est assez comique de penser à ça...

Les photographes tentés de cèder aux sirènes d'Instagram n'en voient probablement pas le danger. Et d'ailleurs, ce danger est exactement le même lorsque l'on parle de logiciels de filtres "tout prêts", dans le genre Nik Softwear.

Car je suis certain que tous ces filtres photos, c'est exactement comme dans les années 80, rappelez-vous ces restaurateurs qui décoraient leurs cartes et menus avec les Clip-Art des premières version d'Office !

Utiliser des filtres photo, des recettes toutes faites, plutôt que d'inventer sa propre vision du développement, c'est ériger en système : la médiocrité et la facilité. C'est la garantie de produire des images "datées" qui seront fatalement démodées dans 5 ou 10 ans. 

On relira d'ailleurs ce petit billet marrant d'un collègue, qui traitait du même sujet il y a quelques mois (L’école de la loose)... On l'a déjà dit (et cela avait fait débat), ce qui est gratuit est souvent "sans valeur" (il y a quelques exceptions Linux par exemple) et c'est bien le cas de ces collections de filtres prêt à appliquer...

Rien d'intéressant ni d'original, ne peut être fabriquer sans un certain investissement. Qu'il soit financier, ou matérialisé en heures de travail (cela revient au même). 

Se contenter d'appliquer ces filtres, c'est croire que l'on dessine, alors qu'on se contente d'appliquer bêtement des couleurs sur un album à colorier... C'est croire que l'on chante, alors qu'on ne fait que beugler dans un karaoké ;-)

Ce qui a beaucoup de valeur par contre : ce sont vos données personnelles, rachetées 1 milliard de dollars pour enrichir la base déjà conscéquente de Facebook !

Au delà des problématiques photographiques, voilà le véritable enjeux derrière le rachat d'Instagram... Ceci à la veille de l'entrée en bourse de Facebook, une opération accessoirement destinée à booster l'image du réseau social auprès des futurs investisseurs. Mais de grâce, que l'on ne confonde pas un gadget amusant mais sans intérêt, avec de la photographie...

 

Par VIBERT dans 00 - COUPS DE GUEULE ! | Permalink | Commentaires (75)

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