mer. 13 juin 2007
Un site passionnant à découvrir : Ted.com
Olivier nous envoit ce mail sympa et intéressant : " Bonjour Jean François, je lis régulièrement ton blog, et tu m'avais déjà conseillé le 5D, alors que j'hésitais l'année dernière entre un 5D et un 1DmkIIN
(...j'espère que tu ne regrettes pas ce choix ! maintenant je te conseillerais de complèter avec un mark3 ;-)
Je t'écris aujourd'hui pour te conseiller un site fabuleux, malheureusement en anglais : Ted.com. Il propose des conférences d'artistes, d'ingénieurs, de designers... Qui sont vraiment à la pointe de leur sujet. Il n'y a pas si longtemps tu parlais de l'ennui que procurait les expos photos...
Ce site a décerné un prix au fantastique photo reporter de guerre James Nachtwey lors d'une conférence qui est disponible en vidéo ici. J'ai été bouleversé par son travail. Ses images ne sont jamais dénuées de sens, cordialement" Olivier.
Je n'ai rien d'autre a ajouter si ce n'est que la visite de ce site est très conseillée (et tout particulièrement la conférence de Nachtwey). N'hésitez pas non plus à visionner le fameux film de Christian Frei, sur le travail de Natchwey : "War Photographer"
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jeu. 26 avr. 2007
Découvrez le numéro 27 de DéclicPhoto (avril 2007)
Je vous invite à découvrir Déclic Photo ... Et pas seulement parce que le numéro 28 d'avril consacre huit pages à mes images du Ladkh (ce dont je ne suis pas peu fier ;-) Mais aussi car Déclic est un excellent magazine. Au programe de ce numéro exceptionnel de 164 pages :
Un test complet du Nikon D40x par Denis Boyard, journaliste de référence dans ce métier. Denis fut un des principaux testeurs de Chasseur d'Image et le talentueux créateur d'Objectif Photo, un mensuel génial, malheureusement disparu...- Une revue complète des nouveautés de la PMA (120 nouveautés dévoilées et jugées) : présentation des Olympus E-510 et E-410, des projets Sony, du Canon EOS 1D mark III, du Sigma DP1, des bridge, ect...
- Un passionnant test du Fuji S5 Pro, sur 10 pages (toujours par Denis)... Non, vous ne risquez pas de trouver l'équivalent sur Internet ! Un comparatif / prise en main des logiciels de retouche photo, ou l'on voit qu'il existe des alternatives à Photoshop...
- Un gros plan appétissant sur la photo culinaire et une interview qui m'est consacrée à propos de mes images du Ladakh.
Sans oublier des pages pratiques (réparez les couleurs, débutez avec DxO, ect...) Un Guide d'achat récapitulatif avec tous les appareils du marché notés et présentés en résumé... Un outil indispensable avant de décider lequel acheter ! Bonne lecture...
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lun. 13 nov. 2006
L'Egypte d'Arnaud du Boistesselin
Je vous invite à découvrir aujourd'hui, le travail d'un photographe français vivant au Caire : Arnaud du Boistesselin, que j'ai découvert en lisant ses commentaires ici-même...

J'apprécie particulièrement les photos d'Egypte qu'il publie sur son blog (ses travaux plus anciens sont ici). Je lui ai demandé de nous en parler un peu :
"L'essentiel de mon travail, hors alimentaire, est axé sur l'homme, son
mode de vie, ses us et coutumes... La finalité : montrer le peuple égyptien comme il est, plein de
souffrances, accablé par une misère atroce. On ne montre jamais ça, ce
n'est pas l'image de l'Egypte et pourtant... Mes images ne sont pas
du type où la misère est souvent sereine, souriante et propre, "moins
pénible au soleil".

Là c'est sale, triste et sans appel. Ce sujet est
toujours refusé, que ce soit par des éditeurs ou des rédactions : trop
dur, pas dans la ligne éditoriale, pas l'image de l'Egypte qu'on veut
véhiculer... Et après on ne comprend pas ce qui se passe dans la
région, pardi !
Pendant un an j'ai quotidiennement arpenté les rues du Caire. J'ai pris environ 60 000 photos
desquelles il ne reste après tri que 6000... Et un pré-choix de 600 !
J'utilise un simple CoolPix 5000, entièrement recouvert de scotch noir, comme dans les pubs Minolta des années 60. La mise au point est sur automatique. L'expo est aussi sur automatique avec une correction en sous-exposition de 0,7 diaph...

Le malheur avec moi, c'est que techniquement c'est vachement pas
spectaculaire ! Et comme je n'ai pas envie de montrer les photos de
décoration ou d'archi qui pourraient avoir un vague contenu
technique... Car c'est vraiment les photos dont je parle ici qui compte pour moi !
La technique : à bout de bras le long du corps, l'appareil bloqué
dans la main par une sangle, visée au jugé, photos "volées". C'est bien
la première fois que le golf m'a servi à quelque chose, au bout de
quelques jours, j'avais des sensations qui me permettaient de faire un
cadrage à 10 cm près à 5 m avec la focale à 28.
Ce qui me tient à cœur c'est la lumière et le cadrage, donner par
ces moyens une indication supplémentaire, permettre une lecture autre
que le simple constat. Le piqué est accessoire, mon maître pour ce
genre de photos est Léon Levinstein.

Je travaille avec Aperture pour le classement et la température de
couleur et Nikon Capture NX pour les "points de couleur" et la densito. Comme
ces deux logiciels ne sont pas destructifs, même avec le jpeg ! C'est
un bonheur... Et enfin Photoshop pour enlever les pétouilles.
Maintenant mon travail va vers les communautés religieuses très
nombreuses en Egypte, quelles soient chrétiennes ou musulmanes. C'est
plus orienté sur la pratique religieuse, le rapport de la prière avec
l'environnement. Pour ça, un Sony DSC-R1 et Sony HVR-A1E. Pour les photos d'archi et d'"interiors", Nikon D100, un avec un
12-24, l'autre un 28-70, dans quelques jours ce seront des D80 !
Chez moi : un G5 2x2, écrans Apple 23' et 20', 4 G-Raid de 500 Go.
Et dans le placard, pour avoir toujours l'impression d'être un
photographe, mon premier Nikon F avec un 2/35, un Hasselblad 500 et la
Wista 20 x 25.
Il ne faut pas croire que la technique me soit étrangère : dans les
années 80 quand je faisais de la nature morte en studio, c'était à la
20 x 25 et pour la déco, toujours à la lumière existante, valise Nikon,
thermo et tout le toutim...

Aujourd'hui avec la souplesse et la qualité
du numérique je trouve domage de ne pas utiliser ces possibilités et de
vouloir tout faire "à l'ancienne".
Vouloir à tout prix des boîtiers à optiques interchangeables qui ne sont que des répliques des argentiques est une aberration, des nids à poussières avec une ergonomie d'enclume.
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jeu. 21 sept. 2006
Rencontre : Olivier Jobard, lauréat du Photo World Press 2005
C’est en Arles lors des « Rencontres Internationales de la Photographie », que nous rencontrons Olivier Jobard, le photojournaliste de SIPA, lauréat du Photo World Press 2005 et invité de Raymond Depardon, commissaire des expositions.
Et oui, certains disent « en » Arles, alors que l’on dit à Paris, à Grenoble, à Perpignan... Cela n’est pas sans importance lors d’une manifestation comme les « Rencontres », dont l’aura culturelle est réelle. Pourtant en cette édition 2006, les choix de Raymond Depardon ont redonné - plus qu’à l’habitude - sa place au « Grand reportage ».
Emblématique de ce retour aux sources, le travail entrepris depuis 5 ans par le français Olivier Jobard à propos des flux migratoires et dont l’aboutissement est le livre, Kingsley - Carnet de route d'un immigrant clandestin. Durant 6 mois, il a suivi Kingsley Abang Kum, un Camerounais de 22 ans tout au long de son dangereux périple, traversant illégalement l'Afrique Sub-Saharienne ; le Cameroun, le Nigeria, le Niger, le désert du Sahara, l'Algérie, le Maroc, avant de s'embarquer sur un frêle esquif en direction des Canaries...
Les photos sont accompagnées du récit de Kingsley, écrit en collaboration avec Florence Saugues reporter à Paris-Match. Il en résulte un véritable carnet de route photographique, un témoignage inédit de ce que sont les espoirs et les drames d'un émigrant clandestin à travers l’Afrique.
C’est en 2000 et 2001, alors que l’actualité l’amena à travailler régulièrement sur le camp de Sangattes, qu’Olivier ressenti le choc qui déclencha ce travail de longue haleine. «Ici s’entassaient toutes les nations, toutes les ethnies...
Tous les pays en guerre où j’avais travaillé depuis 10 ans étaient représentés : Bosnie, Kosovo, Afghanistan, Soudan, Kurdistan, Irak… En passant du temps avec les clandestins de Sangattes, j’ai pris conscience de ces routes de l’errance et de l’exil ». Un peu plus tard, alors qu’il enquêtait sur la zone de transit de Roissy, ses recherches le conduisirent au Cameroun sur les traces d’une jeune femme renvoyée en charter dans son pays.
« C’est là-bas que j’ai rencontré Kingsley qui travaillait comme maître nageur. Depuis des années il rêvait de France, de foot… et des Françaises »… Le jeune Camerounais avait vu son rêve d’occident s’éloigner par deux fois déjà... Ex membre d’une équipe d’espoirs du ballon rond, il avait dû renoncer à devenir joueur professionnel en Europe. Olivier rencontre Kingsley alors que sa première tentative de départ venait d’avorter. Un de ses amis s’était marié en France et lui avait promis un toit à l’arrivée.
Il avait mis 300 euros de côté ; une petite fortune dans son pays. Ses parents avaient même ajouté 200 euros, le réseau des amis avait également contribué à la somme, ainsi qu’un sponsor local, chef d’entreprise fortuné de son quartier… Tout un processus difficilement imaginable en Europe.
« Je pris surtout garde à ne pas être le déclencheur de son départ, ce que je refusais absolument. Il fut toutefois convenu que je garderais son argent sur moi afin qu’il ne soit pas systématiquement racketté. J’en suis bien conscient, j’ai parfois involontairement influencé le cours de son voyage, mais pas toujours positivement.
Souvent il me fallut m’éloigner volontairement afin de ne pas le compromettre. Notamment durant les 3 mois que Kingsley passa au Maroc, attendant l’occasion de traverser vers les Canaries. Ainsi qu’à chaque fois que les passeurs refusaient ma présence de photographe et de blanc, jugée suspecte ou dangereuse ».
Les photos d’Olivier sont fortes : comme celles de cette grappe humaine
cramponnée à un camion traversant une tempête de sable en plein Sahara.
Elles sont souvent bouleversantes : comme celles de ces hommes entassés
au fond de la cale, l’un d’eux serrant un couteau dans sa main… Parfois
tragiques : celles de leur naufrage au départ des côtes Marocaines.
A deux ou trois cent mètres de la plage, la barcasse de fortune dans lequel ils avaient embarqué chavira dans les déferlantes, projetant la vingtaine d’hommes à la mer. « La plupart des sub sahariens ne savent pas nager. Le temps que je retrouve mes esprits, les vagues rejetèrent deux cadavres... Surmontant, le choc émotionnel et le sable qui brûlait mes yeux, j’ai malgré tout sorti l’appareil du sac en plastique qui l’avait protégé. Sous la lumière de la lune, j’ai déclenché mécaniquement, malgré le tremblement incontrôlable de mes bras. Une demie-seconde ; voire une seconde. Ouverture f/1.2 ».
Est-ce l’aspect fantomatique des corps échoués sur la plage après le drame, est-ce le grain de ce film 800 Asa exposé à 3200, est-ce la légende manuscrite de la main même de Kingsley ; toujours est-il que cette partie du livre dérange… Et même ; peut mettre mal à l’aise.
Ces images rares nous interrogent par ailleurs : il est étonnant et
paradoxal de constater qu’à l’issue de savantes réflexions, certains
photographes «auteurs» arrivent aux mêmes résultats formels… Ils sont
pourtant plus proches de l’Art Plastique que du photojournalisme
pratiqué par les reporters de SIPA. « Images granuleuses au point
d’être illisibles, énorme vignetage, lumière crépusculaire et plate…
Oui, j’ai été étonné des résultats une fois les tirages en main, avoue
Olivier. Jamais je n’avais cherché ce type d’effet auparavant, mon
propos a toujours été de rester au plus proche de la réalité, mes
tirages ne sont pas travaillés.
Bizarrement c’est lorsque je fus privé
de lumière, avec un appareil plein d’eau et dans les pires conditions
matérielles et psychologiques imaginables… que j’ai réalisé des photos
que certains trouvent esthétiques. Moi je n’ai cherché qu’à témoigner. »
Au final, Olivier Jobard ne semble donc pas beaucoup préoccupé de ce que l’on peut raconter de la plastique de ses images. Il travaille actuellement à la suite de son projet qui concernera toujours l’émigration, mais sur un autre continent. Sachez que Kingsley va bien : il travaille à Paris et a finalement obtenu un permis de séjour. Mais à l’issu de son périple, peut-être a-t-il perdu quelques illusions…
Jean-François Vibert
Photos : © Olivier Jobard SIPA
Olivier Jobard fait partie de l'agence SIPA et couvre depuis 1992 de
nombreux conflits à travers le monde. Depuis 2001 il a particulièrement
travaillé sur les flux migratoires et a obtenu en 2006 le prestigieux
Photo World Press 2005, pour l'itinéraire de Kingsley.
Le "Journal de Kingsley" est édité chez Marval et coûte 25 euros (160 pages). Vous pouvez le trouver ici sur Amazon.fr, à 23,5 euros (livraison comprise).
Durant leur périple, Olivier a voyagé avec un petit sac à dos tentant
de rester le plus discret possible. Il avait emporté un Leïca et trois
optiques Summicron 28, 35 et 50 mm, ainsi qu’un Konica Hexar RS à
monture Leïca.
Pour la traversée entre le Maroc et les Canaries, il s’était fait expédier en plus un Voigtlander 35 mm ouvrant à f/1.2 et un Nikon F100 avec un 24 mm protégé par un sac Eva Marine… Accessoire plutôt synonyme de vacances à la plage.
J'espère ne trahir aucun secret en vous révélant qu'en ce moment il
utilise au quotidien - à Bagdad ou ailleurs - deux EOS 5D, sans grip
afin de rester léger et réactif... « Ses 3 im/sec. du 5D me suffisent
largement. J’en apprécie le viseur, après avoir acquis et essayé un
premier EOS 5D, j’ai décidé de revendre mon boîtier principal, un EOS
1D mark2, qui me semblait soudain bien balourd... »
Pour son prochain
travail ambitieux, il hésite encore entre numérique et argentique :
"c'est vrai qu'avec mon Leïca, je reste plus discret. Le grain de
certains films poussés à haute sensibilité ne me gêne pas. Et puis, sur
ce genre de reportage, il y a aussi la question logistique à prendre en
considération"...
Légende rédigée par Kingsley : "Dans le Nord du Maroc, près de Nador, il y a une ville, Melilla : c'est une enclave sous autorité espagnole. Dans la petite forêt de Gourougourou, près de trois mille clandestins attendent de passer en Europe. Ils ont bâti un camp permanent. On l'appelle entre nous le village des camarades. Camarades, c'est comme ça que les gens du Maghreb appellent les immigrants illégaux comme moi".
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mar. 19 sept. 2006
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lun. 18 sept. 2006
Raymond Depardon à propos de la photo numérique
A l'issue d'une intéressante conférence donnée à Arles par Raymond Depardon ; j'ai pu assister à une scéance de questions-réponses, plutôt... Disons, plutôt intello ! Une partie du public posait des questions relativement prétentieuses et souvent longues comme le bras...
Au point que l'on en avait forcément oublié le début, avant d'en arriver à la fin. Questions auxquelles Raymond Depardon s'efforçait de répondre de son mieux : à une question vide de sens, il parvenait généralement à donner une réponse intéressante. C'est probablement à celà que l'on reconnait les "grands maîtres"...
Réveillant la salle qui commençait à s'endormir (il faisait plus de 30°), quelqu'un à soudain demandé : "Monsieur Depardon, travaillez-vous en numérique"... Tiens ? Voilà une question interessante, je tends une oreille intriguée : "Je suis quelqu'un qui progresse très lentement répond le grand photographe. Je commence seulement à me mettre à la couleur... Alors laissez moi un peu de temps avant de passer au numérique".
Mmmm... Excellent ! Réponse pleine d'humour, d'un brillant auteur. Je suis pourtant prêt à parier qu'il s'est déjà discrètement essayé au numérique : un esprit aussi brillant ne peut aujourd'hui tout simplement pas "passer à côté" d'une telle révolution. Pas plus que l'on ne peut passer à côté d'internet ou du four à micro-ondes pour réchauffer sa gamelle... Mais Raymond Depardon préfère probablement éviter d'aborder ce sujet en public (ou avec ce public). Car il a bien plus interessant à raconter sur d'autres sujets (c'est pour cela qu'on est venu d'ailleurs)... La suite de la discussion me conforte dans cette idée...
Un peu plus tard il ajoute : "Le numérique c'est fait pour aller très vite. Moi j'ai tout mon temps, alors je n'en ai pas vraiment besoin. Mais je n'exclu pas de m'en servir un jour... Si j'ai besoin d'aller vite" : je vous rapporte ces paroles de mémoire (donc de façon un peu approximative).
Je ne suis pas loin de penser exactement le contraire. C'est à mon avis mal connaitre la photo numérique que de la réduire à une simple prise de notes rapides... La photo numérique permet de tout faire, c'est un outil (un outil parmi d'autres) extrèmement souple : on peut en effet travailler très vite ! Mais on peut également prendre tout son temps et paufiner ses images très lentement, très patiement, très finement... Par exemple, multiplier les versions d'une image jusqu'à atteindre l'excellence... Et choisir la meilleur à la fin.
Je serais même tenté d'ajouter que l'on peut aller beaucoup plus
loin en RAW puis sous Photoshop, que tout ce que le plus expérimenté
des tireurs peut imaginer faire sous un agrandisseur... « Donnez moi un
point d'appui et un levier et je soulèverai la Terre. » avait dit
Archimède... Il faut comprendre que le numérique (au delà même de la
photo) est un "levier" incroyablement puissant : le tout est de bien
choisir son point d'appui (ou son point de vue) !
Mais tout ceci n'est qu'anecdote. Ce n'est pas sur ce site que nous allons perdre notre temps en d'inutiles débats "argentique contre numérique". L'affaire est entendue depuis plusieurs années déjà : le numérique a remplacé (remplacera) l'argentique. Argentique que nous ne souhaitons d'ailleurs aucunement voire disparaitre pour autant, je vous renvois à l'aventure Africaine d'Olivier Jobard à ce propos.
D'ailleurs, puisqu'on en parle : sera-t-il toujours possible dans
quelques années de travailler « à l’ancienne » ; avec des bobines de
films, que vous pourrez faire développer et faire tirer dans n’importe
quel coin du monde ? Peut-être que oui, mais cela se fera probablement
au prix de dépenses importantes…
Personne ne peut se réjouir de la
disparition totale des procédés argentiques. Ce n’est pas parce que
nous sommes enthousiasmés par les possibilités quasi infinies ouvertes
par le numérique ; qu’il faille applaudir à la disparition de tout un
savoir faire technologique et artistique.
Quasiment deux siècles de progrès qui risquent d’être balayé en moins d’une décennie ! A l’ère d’Internet et de l’impression jet d’encre, on forme chaque année quelques artisans pour restaurer, calligraphier et relier... des parchemins en peau de mouton ! Puisse-t-il en être de même, pour la sauvegarde des procèdés argentiques.
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ven. 15 sept. 2006
Un freelance qui n'hésite pas à se mouiller !
Macandphoto reprend vie, mon bouquin est terminé, ouf ! Rencontre aujourd'hui avec Thierry Seray un de mes amis, journaliste et photographe rencontré à l'époque de mes premières piges pour Planchemag en 1991 : il était déjà le gars qu'on envoyait à Hawaii pour suivre le World Tour... Il anime Tendance bleu un blog magnifique autour de la photo et de la mer. Visitez également ses archives sur Thierryseray.com, site qu'il réalise entièrement avec iView Media Pro (je l'ai convaincu il y a quelques années)...
Comment as-tu débuté en photo ? Ce sont les sports de glisse, et en particulier le windsurf, qui m'ont amené au journalisme et à la photo. J'ai débuté aux débuts des années 90, par l'écrit et la photo est venue presque naturellement. Je n'avais pas de connaissance technique, mais j'avais dévoré les magazines pendant des années et cette culture visuelle m'a beaucoup servi ensuite.
Je savais vers quel genre d'image je voulais aller. Au début, j'ai grillé pas mal de rouleaux à apprendre les bases et à dompter la Velvia puis petit à petit ça s'est amélioré.
Tes meilleurs souvenirs en photo ? Mes premières images réussies en photo d'action dans l'eau en windsurf. A Hookipa à Hawaii. Dans l'eau avec un caisson étanche, une paire de palmes et un casque, à nager dans les grosses vagues. Au début, ça s'apparente plus à un stage de survie mais quand tu as compris comment ça fonctionne, tu prends un plaisir extraordinaire parce que tu es au coeur même de l'action.
En bateau, mes dernière journées embarquées cette année. L'un à bord de Gitana 12, un trimaran de course de 60 pieds et l'autre à bord de Lulworth, un fableux cotre aurique de 1920, de plus de 46 mètres. Grosse sensation sur Gitana, grosse émotion sur l'autre
Tes sujets aujourd'hui ? La mer, surtout la mer même si je fais en parallèle des photos de
paysage, de golf et d'architecture. Je suis passé à la photo de bateaux
il y a quatre ans et c'est aujourd'hui mon principal sujet. J'avais un
vrai désir photographique pour les voiliers et les beaux bateaux à
moteur, et mon expérience m'a aidé à faire le pas.
Je bosse pour les magazines français et étrangers. Je couvre des événements, je fais des photos de tests de bateaux ou des sujets plus éprouvants comme du catamaran à l'île Maurice ou du yacht à moteur aux Antilles. Plus sérieusement, je ne voyage plus très souvent..
Pourquoi le bateau ? J'aime la mer, j'y
suis bien et ça se sent dans mes images. On m'a souvent dit que j'ai
des cadrages assez dynamiques. J'essaye en tout cas de mettre du
mouvement, de la perspective ou des plans qui se superposent. Je
cherche sans arrêt le graphisme dans l'image. Les lignes directrices ou
les blocs de couleurs.
A chaque bateau correspond également un axe qui lui correspond mieux. On parle de portrait de bateaux, ce n'est pas pour rien. J'essaye surtout de remettre le plus possible la mer en scène, à travers l'avant plan ou le mouvement d'une vague. Et au delà de l'approche technique, j'essaye de mettre une idée, une démarche dans une série d'image. Une quête de sens comme on dit à TF1...
Parle nous de ton passage au numérique : Courant 2003 je crois. Je n'étais pas enthousiaste mais ca me semblait
évident d'y passer. J'ai acheté un 10D et au début j'ai cru que les
couleurs étaient en option. Comme tout le monde j'ai travaillé dur,
passé des centaines d'heures pour comprendre et apprendre.
Les nouveaux
softs comme Capture NX ouvre des possibilités énormes, comme les grands
tireurs en N&B et ça me passionne. Tout ce qui est aujourd'hui
possible en post-prod m'intéresse mais je n'oublie pas que c'est tout
de même avant qu'une bonne photo se crée ou pas. Sur mon site, mis à
part les panoramiques, il n'y a quasiment aucune photo recadrée.
Ton matériel ? En exposition, je travaille à
80% en manuel. J'ai toujours mis l'accent sur les objectifs, pas sur
les boîtiers, mais là il faut que je passe au 5D ou au prochain 1D Mark
III. Premiers pas sur Minolta puis Canon depuis 1991.
- Objectifs 300/2.8 EFL IS
- Zoom 70-200/2.8, zoom EFL 17-35/2.8
- Zoom 28-135 EF IS
- EF 24/2.8
- Un fisheye 15 mm.
- Boitiers 20D et 30D.
En post-prod, je bosse sur un powerbook 15', iview bien sûr, tu m'as convaincu il y a longtemps, et pour le traitement Canon DPP pour les RAW et Photoshop CS. J'optimise mes fichiers (niveaux, accentuations) mais je ne les retravaille pas pendant des heures.
Tes conseil pour la photo de mer ? Eviter de faire pencher l'horizon, c'est le conseil de base, même si aujourd'hui le numérique permet d'intervenir. Pour les photos de bateaux, le problème numéro un de l'amateur est de se rapprocher du sujet.
Il faut pouvoir embarquer avec un équipage. Prenez un super grand angle pour les images à bord de votre bateau et un zoom 70-200 ou un 300 mm pour les autres concurrents.
Il y a des dizaines de régates partout en france, faites vos armes sur des courses peu connues, c'est possible. Concentrer vous sur votre sujet mais n'oubliez pas l'arrière plan. Un belle image, c'est aussi un arrière plan réussi. Travailler en manuel, même les reflex modernes ont tendance a se mélanger la cellule avec les voiles. Si vous ne pouvez pas approcher une régate, travailler le paysage de mer. C'est ça qui a rendu célèbre Philippe Plisson.

Tes projets ? Un grand sujet sur les "gens de mer". Retourner en Indonésie pour
refaire en profondeur les pêcheurs de là-bas, sans compter les
destinations qui me font toujours rêver. Pouvoir aller "chercher" les
images dont j'ai envie, notamment en photo à bord, sur les vieux
gréements. Mais surtout un vaste projet qui fait appel à une technique
particulière et pour lequel j'ai besoin d'aide matériel et financière. A moi de convaincre des partenaires...
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mar. 05 sept. 2006
Jean-Stephane Cantero, jeune photographe toulousain
Dans notre série de rencontres ; entretien aujourd'hui avec un jeune photographe toulousain de 32 ans, Jean-Stephane Cantero dont le site nous à plu. Il expose son travail du 21 septembre au 16 décembre au Bistro d'Etienne Place St Etienne à Toulouse.
J’ai un EOS 350 D dont je suis très content… De la Laponie au désert marocain, il est nickel et très résistant. J’ai une armée de cailloux comme on dit, mais je ne quitte jamais mon 35 mm et mon 300 mm. Un bon objectif est plus important qu’un bon boitier… Je ne suis pas sponsorisé ( ! ) et ça me coûte très cher. Mon sac est un DAKINE, résistant a la neige et aux pires conditions météo. Du super matos acheté au Vieux Campeur. Sac bien pensé, bien foutu…
Depuis combien de temps t’intéresses-tu à la photo ?
Je fais de la photo depuis que j’ai 19 ou 20 ans… Disons que j’ai
commencé à faire de la photo à cette époque, mais j’ai toujours aimé
l’image. Je me souviens des photos de Toscani qui me bluffaient... Je me
souviens aussi de la photo de cette petite fille prise au piège sous un tronc
d’arbre avec de l’eau jusqu’au cou après un séisme (je crois), les
yeux bouffis par la fatigue et la douleur...
Comment définis-tu ton travail ?
J’aime les gens et inventer la vie qui va avec. Ma photo n’est pas
un témoignage au sens journalistique du terme mais une invitation à la
réflexion, au rêve. J’essaye de faire
en sorte qu’on ne puisse pas dater mes photos. L’idée d’intemporalité
me séduit.. Qu’une scène de 2005 ait pu avoir lieu en 1980, 1970, 1950
me plait bien. Je me refuse tout les chichis et retouches trop violentes qui
déforment le sens initial. Je cherche le naturel, le spontané.
Ou que j’aille j’ai mon fidèle EOS 350 D avec moi. Je ne guette pas forcément ma photo, bien que parfois j’anticipe une action sachant que le rendu peut être excellent. La plupart du temps le plus dur est de faire oublier que je suis là…. Mes photos sont généralement prises très vite pour ne pas modifier le caractère, l’humeur des personnages que je fige. Je dois faire 3 prises par sujet au grand maximum...
Je suis un très mauvais technicien. Seul le sens et l’émotion me
touchent. Je focalise plus sur le fond que sur la forme. Je ne vous
cacherais pas que j’ai étudié des heures et des heures la technique
photo, Photoshop… Mais ce n’est pas ma motivation première. Je ne prendrai jamais de photo technique, je n’y vois aucun intérêt. J'apprécie particulièrement des photographes comme Lachapelle, Klein, Pellegrin, Salgado, Depardon et bien sur Ronis.
Quel est ton rêve photographique ?
J’aimerais trouver un mécène pour parcourir durant un an les grandes villes du Monde ! Et rassembler assez de moments de vie de New York, Singapour, Bombay, pour faire un livre... L’idée est de montrer que malgrè les différences politiques, religieuses ou autre, nous avons en commun notre humanité et « ces instants de vie », sont des révélateurs de notre égalité. J’ai déjà le nom… Mais cela restera un rêve. Il faut vivre dans ses rêves, ça motive.
En septembre, une exposition à Toulouse qui vient de commencer, en février 2007 nouveau lieu et nouvelle expo à Toulouse… Un projet pour une chaîne de grands hôtels sur Paris… Je ne fait pas de la photo pour être sérieux, reconnu... Mais par passion et en toute humilité, je suis heureux avec la Photo.
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lun. 04 sept. 2006
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lun. 21 août 2006
Un nouveau rendez-vous : Paroles de pro !
Ces dernières semaines, j’ai repéré ici ou là, les échanges et les commentaires avisés de certains pros qui visitent régulièrement notre site.
Un
peu le genre de discussions qu'on a entre collègues sur le bord d'un
circuit en attendant que la course veuille bien commencer... Chacun
ayant sa spécialité, son savoir faire
et ses idées très personnelles sur tous les sujets qui nous
passionnent... Sans oublier un certain "franc-parlé" ! Tous ces
commentaires m'ont donné envie de les connaître…
J’ai donc décidé de donner régulièrement la parole à certains d’entre vous. Cela se fera au fur et à mesure des rencontres et il y en aura pour tous les goûts : du photographe de guerre, au spécialiste de la voile, en passant par des portraitistes et photographes de mariage.
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jeu. 30 sept. 2004
Bienvenu sur votre blog MACANDPHOTO.COM
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Posted by VIBERT / Actionreporter.com | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack










